Iran dénonce des propos américains évoquant un prétendu « droit » d’Israël sur l’ensemble du Moyen-Orient
- Mike Huckabee affirme qu’Israël disposerait d’un droit biblique sur un territoire s’étendant du Nil à l’Euphrate, estimant que « ce serait très bien s’ils prenaient tout »
Téhéran
AA/Téhéran
L’Iran a condamné dimanche les propos de l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, dans lesquels il a ouvertement accepté l’idée d’un contrôle israélien sur l’ensemble du Moyen-Orient, y compris la Cisjordanie occupée.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré sur la plateforme américaine X que ces déclarations constituent « une preuve flagrante de la complicité active des États-Unis dans les guerres d’agression expansionnistes du régime israélien ainsi que dans son génocide colonial contre les Palestiniens ».
Il a dénoncé une « rhétorique idéologique extrémiste » qui, selon lui, « ne ferait qu’encourager davantage le régime occupant à poursuivre ses crimes atroces et ses mesures illégales contre les Palestiniens, ainsi que son agression permanente contre les nations de la région ».
Vendredi, Mike Huckabee a affirmé qu’Israël disposerait d’un droit biblique sur un territoire s’étendant du Nil à l’Euphrate, déclarant dans un podcast diffusé le même jour : « Ce serait très bien s’ils (Israël) prenaient tout ».
Ces propos ont été tenus lors d’un entretien avec le journaliste américain Tucker Carlson, au cours duquel Huckabee a défendu les actions d’Israël dans la bande de Gaza Strip et exprimé son soutien à l’idée d’une « providence divine » accordant à Israël le contrôle de la région.
Après que Huckabee a évoqué un droit divin d’Israël sur de vastes portions du Moyen-Orient, Carlson lui a demandé : « De quelles terres parlez-vous ? ». Les interprétations de l’expression biblique « fleuve d’Égypte » varient, certains chercheurs l’identifiant à un oued de la péninsule du Sinaï, d’autres au Nil.
« Ce serait très bien s’ils prenaient tout », a répondu Huckabee, en référence au territoire allant du Nil à l’Euphrate.
En août dernier, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré à la chaîne d’information i24 se sentir « très attaché » à la vision d’un « Grand Israël ». Il a affirmé se considérer « en mission historique et spirituelle », au nom « des générations de Juifs qui ont rêvé de venir ici et de celles qui viendront après nous ».
Le concept de « Grand Israël » est utilisé dans le débat politique israélien pour désigner l’expansion du territoire israélien afin d’y inclure la Cisjordanie, Gaza et le Golan syrien, certaines interprétations y ajoutant également la péninsule égyptienne du Sinaï et des parties de la Jordanie.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
