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Hitti après sa démission : "Le Liban se transforme en un Etat failli"

Le ministre libanais des Affaires étrangères a indiqué, dans un communiqué, que "sa démission intervient en l'absence d'une volonté efficace de mener des réformes structurelles globales".

Mona Saanouni   | 03.08.2020
Hitti après sa démission : "Le Liban se transforme en un Etat failli"

Lebanon

AA/ Beyrouth / Wassim Seifeddine

Le chef de la diplomatie libanaise, Nassif Hitti, a présenté lundi matin au Grand Sérail sa démission au chef du gouvernement, Hassane Diab, affirmant ne plus pouvoir accomplir ses responsabilités dans les circonstances actuelles, déplorant que le Liban "se transforme en un Etat failli".

C'est ce qui ressort d'un communiqué publié peu après la remise de sa démission à Diab au siège du gouvernement à Beyrouth.

Hitti a déclaré que "Après réflexion, et dans l'impossibilité d'exercer mes responsabilités dans ces circonstances historiques et existentielles, et en l'absence de vision pour le Liban libre, indépendant (...) auquel je crois, ainsi qu'en l'absence d'une volonté efficace de mener des réformes structurelles globales réclamées par notre société et par la communauté internationale, j'ai décidé de démissionner de mes fonctions".

"J'ai porté de grands espoirs dans le changement et la réforme, mais la réalité a fait avorter l'espoir en des débuts prometteurs (...)", déplore Nassif Hitti. "Non, je n'ai pas fait de compromis et ne ferai pas de compromis concernant mes principes, mes convictions et ma conscience au profit d'un poste ou d'un pouvoir quelconque", écrit encore le ministre démissionnaire.

"Le Liban d'aujourd'hui n'est pas le Liban que nous avons aimé et voulu comme un phare et un exemple. Le Liban d'aujourd'hui se transforme en un Etat failli, et je me demande, comme beaucoup de personnes, à quel point nous avons manqué à notre responsabilité de protéger cette nation", a-t-il martelé.

"Pour la construction de l'Etat, il faut des cerveaux et une vision claire, ainsi que des intentions sincères et une culture des institutions, une souveraineté de l'Etat de droit, de même que la reddition des comptes et la transparence".

Il est à noter que Hassane Diab, a accepté cette démission et s'est entretenu au Palais de Baabda avec le chef de l'Etat libanias, Michel Aoun, pour "étudier les options" en vue de nommer un successeur à Hitti.

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