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Haute mer : entrée en vigueur d’un traité international historique

- Ratifié par plus de 80 pays, il reste ouvert à de nouvelles adhésions

Sanaa Ou Amir Ahamada  | 17.01.2026 - Mıse À Jour : 17.01.2026
Haute mer : entrée en vigueur d’un traité international historique

Istanbul

AA/İstanbul/Sanaa Amir

Le traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine, dit BBNJ, entre en vigueur ce samedi, marquant une étape majeure de la gouvernance des océans. Juridiquement contraignant, l’accord des Nations Unies s’applique aux zones situées au-delà des juridictions nationales, qui couvrent plus des deux tiers des océans et plus de 90 % des habitats de la planète. Il vise une gestion durable « au bénéfice de l’humanité tout entière » et ambitionne de protéger 30 % des mers et des océans d’ici 2030.

Dans ce contexte, le ministre français des Affaires étrangères Jean noel Barrot a salué une avancée décisive. « L’entrée en vigueur du traité sur la haute mer est une victoire majeure. En juin dernier, à Nice, la France a fait ratifier ce texte historique : 83 pays mobilisés par la diplomatie française, 30% des océans protégés d’ici 2030. Fini le Far West maritime. »

De son côté, le président français a insisté sur la portée politique et humaine de l’accord. « Nous l’avons fait. Aujourd’hui entre en vigueur le traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine. C’est une victoire immense pour les océans, pour le vivant, pour l’humanité.

La haute mer ne sera plus un Far West livré aux prédations : elle devient un espace de responsabilité partagée. De 8 pays en 2024, puis 60 États engagés en 2025 au Sommet de Nice sur l’Océan, à 83 aujourd’hui, la communauté des nations a tenu parole. Ensemble, nous nous donnons les moyens de protéger 30 % des mers et des océans d’ici 2030, soit plus de la moitié de la surface totale de notre planète. C’est le fruit d’une mobilisation collective exceptionnelle portée par des négociateurs, des scientifiques, des citoyens, tous convaincus que l’avenir se construit ensemble. Je veux les en remercier. C’est le choix de la responsabilité face à l’indifférence, de la coopération face au repli, l’honneur de l’humanité face au désordre du monde. Quand nous nous rassemblons autour de l’essentiel, nous prouvons que le progrès est possible. Alors continuons. Ensemble. »

Sur le plan juridique, le BBNJ comble les lacunes de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, en vigueur depuis 1994, en précisant les règles de gestion de la biodiversité et en adaptant la gouvernance maritime aux défis contemporains.

Il introduit notamment une gouvernance inclusive, intégrant les peuples autochtones, les communautés locales et l’égalité de genre, afin de répondre à la « triple crise planétaire » : climat, biodiversité et pollution.

Par ailleurs, l’accord devient contraignant 120 jours après la ratification par au moins 60 pays. Plus de 80 États l’ont déjà ratifié et devront l’intégrer dans leur droit national, parmi lesquels la Chine, l’Allemagne, le Japon, la France et le Brésil. D’autres grands acteurs restent en retrait : les États-Unis ont signé sans ratifier, l’Inde et le Royaume-Uni sont en processus législatif, tandis que la Russie n’a ni signé ni ratifié.

Enfin, les Nations Unies soulignent que l’efficacité du traité dépendra de sa mise en œuvre concrète et des sanctions en cas de violation. Une première réunion de suivi est attendue au plus tard un an après son entrée en vigueur, avec l’objectif d’élargir encore les ratifications et de traduire l’ambition politique en résultats mesurables sur l’océan.

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