Hausse alarmante de l’insécurité alimentaire liée à la guerre à Gaza, selon une ONG
- Une ONG met en garde contre l'extension de la crise alimentaire aux familles de la classe moyenne inférieure, dans un contexte de flambée du coût de la vie et de tensions liées à la guerre
Quds
AA / Jérusalem et Istanbul / Abdel Raouf Arnaout et Mohammad Sio
Plus d’un quart des ménages en Israël connaissent désormais une situation d’insécurité alimentaire, sous l’effet des retombées économiques et sociales de la guerre de deux ans dans la bande de Gaza, selon une organisation israélienne publiée lundi.
L’organisation humanitaire Latet, fondée en 1996 pour lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, a indiqué dans son rapport annuel que 26,9 % des familles israéliennes, soit environ 867 256 ménages, sont confrontées à l’insécurité alimentaire, marquant une hausse sans précédent de 27,5 % par rapport à l’an dernier.
Le rapport précise que 37,5 % des enfants israéliens, soit près de 1,18 million, sont également touchés par l’insécurité alimentaire, soulignant une crise grave et en expansion au sein de la société israélienne.
Latet a indiqué qu’environ un quart des bénéficiaires de l’aide appartiennent désormais à ce qu’elle qualifie de « nouveaux pauvres », des personnes devenues dépendantes de l’aide alimentaire au cours des deux dernières années depuis le début de la guerre à Gaza.
« La guerre en cours et la vague de hausses des prix ont créé une urgence sociale », indique le rapport, signalant une érosion profonde de la sécurité alimentaire et économique de centaines de milliers de ménages.
La forte hausse de la faim, avec 10 % des familles vivant désormais une insécurité alimentaire sévère, est principalement due à la dégradation des conditions de ces ménages nouvellement touchés, signifiant que les difficultés s’étendent désormais à la classe moyenne inférieure, ajoute le document.
La crise se reflète également par une augmentation des demandes d’aide auprès des organisations civiles, conjuguée à une baisse des dons, les ressources étant réorientées vers les besoins liés à la guerre, selon le rapport.
- Coût de la vie
Selon Latet, le coût minimum de la vie a augmenté cette année de 5,5 % par individu et de 5,6 % par famille par rapport à 2024.
Le revenu minimum nécessaire pour vivre dignement en Israël atteint désormais 5 589 shekels (1 733 dollars) par mois pour une personne et 14 139 shekels (4 384 dollars) pour une famille de quatre personnes.
Les dépenses annuelles ont augmenté en moyenne de 3 500 shekels (1 085 dollars) par personne et de 9 000 shekels (2 791 dollars) par famille.
Le rapport indique que 59,6 % des bénéficiaires d’aide ont constaté une dégradation de leur situation financière au cours de l’année écoulée, contre 36,5 % dans la population générale.
Environ 33,1 % des bénéficiaires ont vu leurs comptes bancaires gelés ou saisis, un taux trois fois supérieur à celui de la population générale.
Les bénéficiaires de l’aide dépensent en moyenne 12 734 shekels (3 949 dollars) par mois, soit près du double de leur revenu mensuel net moyen de 6 593 shekels (2 045 dollars), selon le rapport.
Latet ajoute qu’environ 60 % des bénéficiaires des aides gouvernementales déclarent que leur situation financière s’est détériorée cette année, notant que leurs dépenses mensuelles ont presque doublé par rapport aux périodes précédentes.
Le rapport révèle également que 67 % de ces familles n’ont pas pu fournir les fournitures scolaires de base à leurs enfants, notamment les manuels scolaires, tandis que 84 % ont déclaré avoir empêché leurs enfants de participer aux activités et sorties scolaires en raison des coûts.
Au-delà des difficultés économiques, 61,9 % des bénéficiaires de l’aide ont décrit leur état psychologique comme « mauvais », et 42,4 % ont indiqué que leur santé mentale s’est détériorée depuis le 8 octobre 2023.
Un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est entré en vigueur dans la bande de Gaza le 10 octobre, mettant fin à deux années d’attaques israéliennes qui ont fait plus de 70 000 morts, principalement des femmes et des enfants, et près de 171 000 blessés depuis octobre 2023.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani
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