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Hakan Fidan : Le PKK/YPG « ne change de position que face à la force »

- « Tout le monde voit et sait que (le YPG/FDS) est un acteur qui ne change de position que lorsqu’il est confronté à la force, lorsque la force est appliquée », déclare le MAE turc Hakan Fidan

Muhammet Tarhan, Gokhan Celiker et Berk Kutay Gokmen  | 10.01.2026 - Mıse À Jour : 10.01.2026
Hakan Fidan : Le PKK/YPG « ne change de position que face à la force »

Ankara – Istanbul

AA / Ankara – Istanbul / Muhammet Tarhan, Gokhan Celiker et Berk Kutay Gokmen

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré vendredi qu’il est désormais évident que le groupe terroriste PKK/YPG ne change de position « que lorsqu’il est confronté à la force ».

« Tout le monde voit et sait que (le PKK/YPG) est un acteur qui ne change de position que lorsqu’il est confronté à la force, lorsque la force est appliquée », a affirmé Fidan lors d’une interview en direct sur la chaîne publique turque TRT Haber.

Soulignant que, en tant que prolongement du PKK, les FDS présentent cette caractéristique structurelle, Fidan a précisé : « Ils n’ont aucune capacité d’agir par le dialogue seul, sans la force ou la menace de la force. Ils doivent soit subir la force, soit être confrontés à sa menace », en référence aux développements en Syrie.

Insistant sur le fait que le PKK/YPG adopte une position intransigeante face à l’administration de Damas, Fidan a déclaré : « Ils disent : “Si je n’accepte pas, je ferai appel à d’autres acteurs régionaux et mondiaux ; j’ai développé certaines relations avec eux à travers le récit de la soi-disant lutte contre Daesh.” C’est pour cette raison qu’il y a des rencontres avec certains sénateurs, entre autres. Ils entretiennent également des contacts continus avec Israël. »

Soulignant que le PKK/YPG doit comprendre que cette stratégie ne mènera à rien, Fidan a affirmé : « Ces relations ne vous conduiront nulle part. Ce que vous devez faire, c’est rechercher de véritables solutions avec les véritables acteurs de la région.

« Ces attitudes maximalistes, ces manœuvres trompeuses, prétendre sans cesse être en faveur de l’accord et du dialogue tout en faisant exactement le contraire, sans changer d’un centimètre une position rigide, tout le monde voit et sait qu’il s’agit d’un acteur qui ne change de position que lorsqu’il est confronté à la force », a-t-il ajouté.

Fidan a rappelé avoir souligné ce point dès le début, indiquant que les services de renseignement turcs et les diplomates ont transmis le message aux interlocuteurs concernés.

« Ils l’ont transmis aux FDS, ils l’ont transmis aux Syriens, mais malheureusement, comme nous l’avions prévu dès le départ, aucun changement n’a eu lieu. Nous avons maintenant commencé à vivre le processus qui avait débuté à Alep », a-t-il déclaré. « Je crois que ce processus prendra fin, si Dieu le veut, dans un avenir proche, que la structure parallèle disparaîtra et que viendra le jour où un État unique à Alep fournira des services à tous ses citoyens, indépendamment de leur appartenance ethnique, à travers des institutions étatiques unifiées. C’est ce qui doit se produire. »

Estimant que le modèle d’intégration est un projet tout à fait réaliste, Fidan a souligné que ce qui ne l’est pas, en revanche, « c’est le refus du PKK d’entrer dans ce processus ».

« Les préférences, les attitudes et les propositions de solution avancées par les États-Unis et les acteurs régionaux, y compris la Türkiye, sont importantes, mais je le répète : la voie à suivre sans recourir à la violence est claire, et ce qui doit être fait est clair », a-t-il affirmé, ajoutant que les objectifs des pays de la région et ceux des États-Unis se recoupent en Syrie.

« Seul Israël ne partage pas ces objectifs. Israël est aujourd’hui un acteur qui assure sa propre sécurité par une stratégie de division, en maintenant les pays voisins dans la faiblesse », a-t-il déclaré.

Soulignant que cette approche va à l’encontre des réalités de la région, Fidan a indiqué que si Tel-Aviv souhaite une véritable intégration régionale, il doit agir en conséquence.

« S’ils se soucient réellement de l’avenir des Kurdes et de leur bien-être, ils doivent s’inscrire dans des solutions qualifiées, authentiques et fondées sur la paix, qui ne les transforment pas davantage en ennemis des peuples et des États de la région », a-t-il affirmé.

Estimant qu’il n’est plus nécessaire de prolonger cette épreuve et que le PKK/YPG doit désormais abandonner sa ligne actuelle, Fidan a déclaré : « Ils doivent maintenant rejoindre la voie qui doit être suivie par la paix et le dialogue. »

Concernant la deuxième phase du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, Fidan a indiqué : « À ce stade, nous attendons une déclaration des États-Unis, avec lesquels nous coordonnons ce processus. Il y a des échanges de points de vue et certains mécanismes en place. »

« Nous constatons que les aspects liés à Gaza, à la Palestine et au Hamas sont essentiellement réglés, mais Israël tente constamment de déplacer le dossier en imposant de nouvelles conditions et de nouvelles exigences », a-t-il ajouté.

Évoquant les développements en Iran, Fidan a déclaré qu’il est convaincu « que la fin espérée par Israël ne se produira pas. Le peuple iranien sait sur quelle question, pour qui et dans quelle mesure il doit réagir ».

Il a précisé que les services de renseignement israéliens ont ouvertement appelé les Iraniens à se soulever, mais que la société iranienne, malgré ses divergences internes, se rassemble face aux menaces extérieures.

Il a souligné que la Türkiye souhaite que le peuple iranien ne soit pas affecté et que les différends avec les États-Unis et l’Occident soient résolus par la négociation.

Interrogé sur un éventuel cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine, Fidan a déclaré : « Grâce aux efforts déployés, nous sommes aujourd’hui plus proches d’un cessez-le-feu que jamais. C’est le moment le plus proche, mais si l’on adopte une approche idéaliste, sommes-nous réellement très proches ? »

Selon lui, tout accord ne concernera pas uniquement l’Ukraine et la Russie, mais constituera également un accord de paix entre l’Europe et la Russie.

Il a ajouté que l’Europe a besoin de garanties américaines pour parvenir à une paix avec la Russie, et que des responsables américains ont indiqué pouvoir offrir ces garanties dans une certaine mesure.

Répondant à une question sur la manière dont la Türkiye évalue la détention du président vénézuélien Nicolas Maduro, intervenue simultanément à des frappes aériennes américaines contre le pays, Fidan a indiqué qu’Ankara suivait les développements bien avant cette arrestation.

« Les États-Unis avaient déjà commencé à recourir à la force, et l’échec des négociations à un certain stade n’a malheureusement pas empêché cette guerre, qui a abouti à cet incident indésirable », a-t-il déclaré.

Prévoyant l’obtention de résultats concrets dans certains dossiers des relations entre la Türkiye et les États-Unis à partir de 2025, Fidan a cité notamment les sanctions CAATSA, une loi américaine visant l’Iran, la Russie et la Corée du Nord, ainsi que l’affaire Halkbank, dans laquelle la banque turque est accusée d’avoir aidé l’Iran à contourner les sanctions américaines.

Indiquant que des progrès sont également enregistrés dans d’autres dossiers de sanctions, il a déclaré : « Je constate en particulier que l’augmentation des échanges commerciaux suivra une trajectoire plus positive. La solidarité régionale est extrêmement importante. »

Soulignant que certaines politiques américaines peuvent produire des effets indirects, il a ajouté : « La question du Groenland est devant nous. J’évalue les évolutions des relations internationales en fonction de leurs répercussions possibles sur nous. Nous devons analyser comment les scénarios susceptibles de se produire au Groenland pourraient affecter directement ou indirectement la Türkiye. »

« Cette situation pourrait entraîner une charge et des tensions importantes pour l’Europe, pour l’architecture de sécurité européenne et pour les relations transatlantiques », a-t-il conclu.

*Traduit de l’anglais par Adama Bamba

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