Haïti : Des frappes de drones lors d’opérations antigang ont fait plus de 1.200 morts, dont des enfants
- Le gouvernement haïtien et des contractants privés américains ont mené de vastes frappes de drones pour lutter contre les gangs criminels, selon Human Rights Watch
Mexico
AA / Mexico / Jorge Antonio Rocha
Des frappes de drones menées par les forces de sécurité haïtiennes et des contractants privés américains visant des gangs criminels ont fait au moins 1.243 morts, dont des civils non armés sans lien avec les gangs et des enfants, selon un rapport publié mardi par Human Rights Watch.
Dans une tentative de freiner l’avancée des gangs sur le territoire haïtien, les forces de sécurité travaillant avec des contractants américains ont mené de nombreuses frappes de drones, dont certaines semblent constituer des exécutions extrajudiciaires délibérées, indique le rapport.
« Des dizaines d’Haïtiens ordinaires, dont de nombreux enfants, ont été tués et blessés lors de ces opérations meurtrières de drones », a déclaré Juanita Goebertus, directrice pour les Amériques à Human Rights Watch.
Selon des données provenant de multiples sources examinées par Human Rights Watch, au moins 1.243 personnes ont été tuées lors de frappes de drones au cours de 141 opérations entre le 1er mars 2025 et le 21 janvier, dont au moins 43 adultes qui n’étaient pas membres de groupes criminels et 17 enfants.
738 autres personnes ont été blessées, dont au moins 49 qui n’étaient pas membres de groupes criminels.
« Les autorités haïtiennes devraient d’urgence reprendre le contrôle des forces de sécurité et des contractants privés avant que davantage d’enfants ne soient tués dans ces attaques », a déclaré Goebertus.
La stratégie sécuritaire en Haïti s’est appuyée sur des contractants militaires privés tels que la société américaine VectusGlobal, dirigée par le fondateur de Blackwater Erik Prince, qui a obtenu un contrat de 10 ans avec le gouvernement haïtien sous le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour lutter contre la violence des gangs.
L’entreprise fournit des drones, des hélicoptères et un soutien en matière de renseignement depuis mars de l’année dernière, lorsque Didier Fils-Aimé a annoncé la création d’une force opérationnelle pour la paix et la sécurité.
Le nombre d’attaques de drones armés dans la capitale Port-au-Prince a considérablement augmenté ces derniers mois, avec 57 attaques signalées entre novembre et le 21 janvier, soit presque le double des 29 recensées entre août et octobre, selon le rapport.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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