Mona Saanouni
11 Avril 2019•Mise à jour: 11 Avril 2019
AA/New York/Tarek Mohamed
Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a appelé, jeudi, toutes les parties au Soudan à "se calmer et à faire preuve de la plus grande retenue".
C'est ce qui ressort d'un communiqué rendu public par le porte-parole de Guterres, Stéphane Dujarric, lors d'une conférence de presse tenue jeudi au siège permanent des Nations Unies à New York.
"Guterres continue de suivre de près l'évolution de la situation au Soudan et réitère son appel au calme et appelle toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue", indique le communiqué.
Il a souligné "la volonté de l'ONU de soutenir le peuple soudanais à tracer son chemin".
Plus tôt dans la journée de jeudi, le ministre de la Défense, Awad Mohammed bin Ouf, a annoncé la destitution et l'arrestation du président soudanais Omar el-Béchir après une intervention de l'armée qui s'était emparée du siège de la télévision et de la radio soudanaises publiques.
Il a décrété l'état d'urgence pour trois mois et un couvre-feu d'un mois à partir de la soirée de jeudi.
La Présidence et le Parlement ont été dissous et la Constitution de 2005 suspendue.
Bin Ouf a aussi annoncé le début d'une période de transition de deux ans, durant laquelle la gestion des affaires de l'Etat reviendront au Conseil de sécurité et à l'armée.
A la fin de ces deux ans, des élections seront organisées,selon bin Ouf.
En réaction à cette déclaration diffusée en direct par la télévision soudanaise, des militants ont appelé à poursuivre la contestation pour évincer le ministre de la Défense, selon des témoins oculaires.
Le Soudan, qui compte 40 millions d’habitants, a du mal à se remettre de la perte des trois quarts de sa production de pétrole - sa principale source de devises - lorsque le Soudan du Sud a proclamé son indépendance en 2011. Il vit depuis le 19 décembre au rythme d'une grogne sociale qui s'est intensifiée samedi dernier quand des milliers de manifestants ont investi les rues de la capitale Khartoum, revendiquant le départ du président Omar el-Béchir.
A noter que la Cour pénale internationale (CPI) a demandé, jeudi, que le président soudanais, Omar el-Béchir, lui soit livré, quelques heures après un putsch militaire au Soudan.
La CPI a émis en 2009 et 2010 deux mandats d’arrêt contre le président soudanais destitué l’accusant de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide, commis durant le conflit du Darfour.