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Guerre au Moyen-Orient : la BCE alerte sur un risque de flambée inflationniste en zone euro

- Une prolongation du conflit israélo-américain contre l’Iran pourrait alimenter la hausse des prix de l’énergie et freiner la croissance, tandis que les marchés mondiaux accusent de lourdes pertes

Serap Doğansoy  | 03.03.2026 - Mıse À Jour : 03.03.2026
Guerre au Moyen-Orient : la BCE alerte sur un risque de flambée inflationniste en zone euro

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

Une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait provoquer une poussée d’inflation en zone euro et peser sur l’activité économique, a averti ce mardi le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), alors que les marchés financiers mondiaux reculaient nettement sur fond d’envolée des prix du pétrole.

« En termes directionnels, une hausse des prix de l’énergie exerce une pression à la hausse sur l’inflation, en particulier à court terme », a déclaré Philip Lane dans un entretien au quotidien britannique Financial Times. Un tel conflit « aurait des effets négatifs sur l’activité économique », a-t-il ajouté, précisant que l’ampleur de l’impact dépendrait de « l’étendue et de la durée du conflit ». La BCE, institution chargée de maintenir la stabilité des prix dans les vingt pays partageant l’euro, « suivra de très près l’évolution de la situation ».

Ces déclarations interviennent alors que les principales places financières mondiales ont accentué leurs pertes mardi, au quatrième jour de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Vers 10H40 GMT, Paris cédait 3,18 %, Francfort 4,11 % et Milan 4,73 %, après un recul d’environ 2 % la veille. En Asie, l’indice Kospi de Séoul a chuté de 7,24 %, le Nikkei de Tokyo a perdu 3,06 % et l’indice Hang Seng à Hong Kong 1,12 %.

Les marchés sont pénalisés par la flambée des cours du pétrole. À l’ouverture lundi, le baril de Brent, référence mondiale du brut, avait bondi de plus de 13 %. Cette hausse est alimentée par les craintes entourant la sécurité du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part significative des exportations mondiales de pétrole.

« Lorsque les primes de risque liées au détroit d’Ormuz augmentent, la hausse du brut se transmet directement aux balances commerciales et aux anticipations d’inflation », a expliqué Stephen Innes, gérant chez SPI AM. « Le conflit ne montre aucun signe d’apaisement », a résumé Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.

Sur le marché obligataire, les rendements, c’est-à-dire les taux d’intérêt versés aux investisseurs qui achètent de la dette publique, étaient également en hausse. Le rendement de l’emprunt allemand à dix ans, référence en zone euro, atteignait 2,78 % contre 2,71 % la veille. Celui de la France progressait à 3,39 %, et celui de l’Italie à 3,46 %. Au Royaume-Uni, le taux à dix ans montait à 4,48 %.

Selon des analystes, ces mouvements reflètent des anticipations d’inflation persistante si les prix de l’énergie demeurent élevés.

La crise géopolitique s’est intensifiée avec une attaque de drones ayant visé mardi l’ambassade des États-Unis en Arabie saoudite, tandis qu’Israël poursuivait ses bombardements en Iran et étendait ses opérations au Liban. Interrogé sur une éventuelle riposte, le président américain Donald Trump a déclaré : « Vous le découvrirez bientôt ».

Les investisseurs redoutent qu’une déstabilisation durable de la région, clé pour l’approvisionnement énergétique mondial, ne relance les tensions inflationnistes en Europe après plusieurs mois de ralentissement de la hausse des prix.​​​​​​​

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