Grève aux urgences d’Ajaccio: le personnel dénonce des conditions de prise en charge jugées « indignes »
- « Nous ne sommes pas là pour être maltraitants envers les gens », a déclaré un membre du personnel soignant, alertant sur une saturation chronique. Une situation qui fait écho aux délais d’attente allant jusqu’à 35 heures signalés au CHU de Dijon
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le personnel soignant des urgences de l’hôpital d’Ajaccio a entamé un mouvement de grève pour dénoncer des conditions de travail qu’il juge dégradées et une prise en charge des patients devenue « indigne », rapporte le quotidien corse Corse-Matin.
Les soignants alertent sur une saturation chronique du service, affirmant faire face depuis plusieurs années aux « mêmes problématiques ». Selon un témoignage relayé par le journal, 34 patients étaient présents aux urgences mardi matin, dont plusieurs personnes âgées contraintes de rester « plusieurs jours sur des brancards ».
« Nous ne sommes pas là pour être maltraitants envers les gens », a déclaré un membre du personnel soignant dans une vidéo publiée par le quotidien, estimant que la situation actuelle place les équipes « dans une certaine forme de maltraitance » malgré elles.
Les grévistes citent notamment le cas d’une patiente de 89 ans qui aurait passé quatre jours aux urgences, faute de solution d’hospitalisation en aval. Les soignants affirment également être contraints d’effectuer certains soins dans les couloirs en raison du manque de places disponibles.
Le personnel assure mener ce mouvement « pour la population ajaccienne et pour la Corse », soulignant le vieillissement progressif de la population et la dégradation des moyens alloués à l’hôpital.
Ce cas, loin d’être isolé, rappelle une autre situation au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon, dont les urgences ont enregistré, au cours du mois de février, des délais d’attente pouvant atteindre 35 heures, comme l’a rapporté samedi le quotidien régional Le Bien public.
Dans le cas de Dijon, le principal point de blocage serait le manque de « lits d’aval » dans les services hospitaliers, provoquant un engorgement des urgences. Selon des sources syndicales citées par le journal, la situation se serait aggravée depuis janvier.
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