Groenland: plusieurs pays européens envisagent un déploiement militaire dans un contexte de tensions avec les États-Unis
- Ces initiatives surviennent alors que les tensions s'accentuent autour des déclarations du président américain Donald Trump concernant une prise de contrôle du territoire groenlandais
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
Plusieurs pays européens, dont la France, l'Estonie, les Pays-Bas et l'Espagne, ont annoncé jeudi des mesures ou intentions visant à renforcer leur présence militaire ou leurs activités de surveillance au Groenland. Ces initiatives surviennent alors que les tensions s'accentuent autour des déclarations du président américain Donald Trump concernant une prise de contrôle du territoire groenlandais.
- La France déploie des troupes et des moyens
Le président français Emmanuel Macron a confirmé jeudi que la France avait commencé à déployer du personnel militaire au Groenland dans le cadre d'un exercice militaire lancé par le Danemark.
« Une première équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les jours qui viennent par des moyens terrestres, aériens et maritimes », a déclaré Macron lors de ses vœux aux armées.
Le président français a souligné que les Européens ont « une responsabilité particulière » envers le Groenland, rappelant que le territoire autonome fait partie de l'Union européenne et appartient à un allié de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN). « C’est le rôle que doit jouer la France : être disponible face aux appréciations de menace, s’adapter et se tenir aux côtés d’un État souverain pour protéger son territoire », a-t-il ajouté.
- L'Estonie et les Pays-Bas se mobilisent
D'autres alliés européens ont également confirmé leur implication jeudi via des déclarations sur le réseau social américain X.
Margus Tsahkna, ministre des Affaires étrangères de l'Estonie, a indiqué que son pays « contribue à la planification de l'exercice militaire conjoint européen au Groenland ». Il a précisé que l'Estonie est prête à déployer des troupes au sol si cela est demandé.
De son côté, le ministre de la Défense des Pays-Bas, Ruben Brekelmans, a annoncé une « contribution néerlandaise à la reconnaissance au Groenland », soulignant que la « sécurité dans la région arctique (y compris le Groenland) est d'un intérêt stratégique pour tous les alliés de l'OTAN ».
Cette mission de reconnaissance conjointe, menée sous la direction du Danemark, vise à « cartographier les options pour un exercice conjoint dans la région arctique », a expliqué Brekelmans. La Défense néerlandaise enverra un officier de la Marine royale. Le ministre a ajouté qu'un « déploiement plus important au sein de l'OTAN (Arctic Sentry) est une prochaine étape possible », précisant que le cabinet y est « favorable ».
- L'Espagne n'exclut pas une participation
À Madrid, la ministre de la Défense Margarita Robles a fait savoir jeudi que l'Espagne n'excluait pas de participer à une éventuelle mission militaire européenne.
« Renforcer la surveillance au Groenland serait une option, par exemple, mais nous verrons comment les choses évoluent », a déclaré Robles, citée par l'agence espagnole EFE. Elle a précisé que toute mission de ce type serait axée sur la « surveillance » et que l'Espagne agirait avec prudence.
Robles a qualifié toute tentative américaine de s'emparer de l'île d'« inacceptable » et d'« extrêmement grave ».
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares, a pour sa part indiqué qu'il n'y avait « aucun problème à discuter [de la question] au sein de l'OTAN et, si nécessaire, à renforcer la sécurité », si un membre de l'Alliance estimait qu'il existait de « nouvelles menaces ».
- Contexte diplomatique tendu
Ces mouvements militaires interviennent alors que le président américain Donald Trump a insisté sur le fait que le territoire devrait être « entre les mains des États-Unis » pour contrer la Russie et la Chine. Trump avait déclaré plus tôt que tout résultat autre que la possession de l'île par les États-Unis serait « inacceptable ».
Le Danemark et le Groenland ont rejeté les propositions de vente du territoire, réaffirmant la souveraineté danoise. Après une réunion à la Maison Blanche mercredi, le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a déclaré que leurs discussions n'avaient « pas réussi à changer la position américaine ».
Le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suède et la Norvège ont déjà annoncé des plans pour déployer des troupes sur le territoire autonome danois.
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