Monde

Groenland : Le Premier ministre exclut toute « prise de contrôle » américaine

- Jens-Frederik Nielsen qualifie la communication par voies indirectes comme les médias de « non respectueuse » et appelle à un contact direct

Beyza Binnur Donmez  | 06.01.2026 - Mıse À Jour : 06.01.2026
Groenland : Le Premier ministre exclut toute « prise de contrôle » américaine

Genève

AA / Genève / Beyza Binnur Donmez

Le Groenland ne se trouve pas dans une situation où une prise de contrôle du jour au lendemain pourrait survenir, a déclaré lundi le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen, rejetant les comparaisons avec le Venezuela et appelant à une communication directe plutôt qu'à des échanges par médias interposés.

« Notre pays n'est pas comparable au Venezuela. Nous avons un pays qui est démocratique. Il l'est depuis de très nombreuses années », a déclaré Nielsen lors d'un point de presse.

Répondant aux inquiétudes suscitées par les récentes déclarations américaines, Nielsen a souligné qu'il n'y avait pas lieu de paniquer.

« La situation n'est pas telle que les États-Unis puissent prendre le contrôle du Groenland. Ce n'est pas le cas. Nous ne devons donc pas paniquer. Nous devons rétablir la bonne coopération que nous avions », a-t-il affirmé.

Nielsen a indiqué que le Groenland se trouvait dans une situation particulière et a reconnu l'inquiétude du public. « Je comprends parfaitement que la population se tourne vers le Naalakkersuisut (le gouvernement) et soit inquiète », a-t-il déclaré, faisant référence au gouvernement du territoire.

Il a également rejeté les spéculations concernant des scénarios militaires en déclarant : « Tout d'abord, je tiens à dire qu'il ne me semble pas approprié de parler d'opérations militaires possibles ou potentielles dans ce pays ».

« Je tiens à répéter que nous ne sommes pas dans une situation où nous pensons qu'une prise de contrôle du pays pourrait survenir du jour au lendemain », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a indiqué que le gouvernement durcirait le ton si les discussions se poursuivaient sous leur forme actuelle, car « nous ne sommes pas satisfaits de la situation dans laquelle nous nous trouvons ».

Critiquant la communication indirecte, Nielsen a affirmé que le dialogue ne devait pas passer par les médias. « Il faut que cesse cette communication par médias interposés et via divers canaux détournés. Ce n'est pas respectueux », a-t-il déclaré.

Appelant à l'unité, Nielsen a exhorté à la cohésion au sein du Groenland ainsi qu'avec les pays alliés.

« Nous devons montrer que nous sommes solidaires au sein de la société. Avec les pays auxquels nous sommes alliés, nous devons également montrer notre unité », a-t-il dit, ajoutant que le gouvernement du Groenland faisait « tout ce qui est en son pouvoir ».

Le président américain Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises son désir de prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome au sein du Danemark, et n'a pas exclu de recourir à la force militaire pour y parvenir.

Au lendemain de l'opération militaire américaine au Venezuela ayant abouti à la capture du président Nicolas Maduro, Trump a réitéré dimanche ses appels à une prise de contrôle du Groenland par les États-Unis au nom des intérêts de sécurité nationale.

La Première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a exhorté Donald Trump à « cesser les menaces ».

Plusieurs pays européens, ainsi que l'UE, ont exprimé lundi leur ferme soutien au Danemark et au Groenland, rejetant toute suggestion selon laquelle l'avenir de l'île pourrait être décidé par des puissances extérieures, et insistant sur le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale.

* Traduit de l'anglais par Mariem Njeh

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın