Gaza: Le parcours du combattant de Yasmine Znaidi, blessée et bloquée dans la dans l’attente d’un laissez-passer
- « La France doit protéger tous ses ressortissants », clame son avocat, Maître Nabil Boudi, lors d'une interview accordée à Anadolu
France
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Le 24 octobre dernier, c’est via un post sur Instagram qu’une mère de famille, française, expatriée à Gaza, annonce le décès de deux de ses enfants, Janna et Obeida, dans le bombardement de leur habitation.
Yasmine Znaidi et son petit dernier, Omar, âgé de seulement trois ans, sont les seuls survivants de cette frappe israélienne, et vivent depuis, dans des conditions particulièrement difficiles, espérant désespérément de regagner la France.
Son éprouvant périple lui a déjà permis d’atteindre Rafah (Sud de la Bande de Gaza), mais là-bas, le spectre d’un laissez-passer semble s’éloigner chaque jour un peu plus.
Depuis, son avocat, Maître Nabil Boudi, fait des pieds et des mains pour obtenir le précieux graal, qui permettrait à sa cliente, d’être mise en sécurité, en évacuant la Bande de Gaza.
Dans un entretien à Anadolu, le conseil parisien indique « être constamment en contact avec les services consulaires français, qui assurent avoir mis Yasmine Znaidi sur une liste depuis deux semaines », afin qu’elle puisse bénéficier d’un laissez-passer, mais sans résultat à ce stade, du fait des autorités israéliennes, seules à décider.
« La France doit protéger tous ses ressortissants » et « un enfant de trois ans à la rue c’est quelque chose d’inacceptable », clame Maître Boudi, qui espère une issue favorable.
Mais face au mur auquel il se heurte depuis plusieurs semaines, l’avocat a pris la décision, lundi, d’adresser une lettre au président Emmanuel Macron, l’exhortant à « intervenir personnellement » auprès d’Israël pour faire libérer la mère de famille et son petit garçon.
Dans son courrier, il relate le parcours qui a été celui de sa cliente depuis le bombardement de sa maison.
« Le 17 novembre dernier, Madame Znaidi a sollicité l'intervention des services consulaires français en urgence afin qu'elle et son fils puissent quitter le territoire de la Bande de Gaza et rentrer en France. Malgré cette demande, aucune solution n'a été apportée par les services de la diplomatie française, cette dernière et son fils ont donc été contraints de se déplacer seuls. Dans des conditions affreuses et inhumaines, Madame Znaidi a pu rejoindre le sud de la Bande de Gaza et la ville de Rafah le 20 novembre avec le petit Omar », décrit Maître Boudi.
Et de poursuivre : « En plus d'être sous la menace permanente d'une bombe qui viendrait s'abattre sur eux, Madame Znaidi et Omar vivent actuellement à la rue, dépourvus de soins et de vêtements chauds alors que les températures sont glaciales » et qu’ils sont tous les deux blessés.
Face à la gravité de la situation de sa cliente, c’est donc vers le chef de l’Etat que Nabil Boudi a décidé de se tourner, lui rappelant que « les vies de deux Français sont à l'heure actuelle extrêmement menacées ».
« Je ne vois d'autre solution que de porter directement à votre connaissance la situation de ces deux ressortissants français qui implorent l'aide et l'assistance de la République. Je sollicite votre intervention personnelle auprès des autorités israéliennes afin de permettre la délivrance de ce laissez-passer tant attendu qui sauverait la vie de nos deux compatriotes », conclut enfin l’avocat.
Interrogé fin octobre par Anadolu au sujet de cette ressortissante, une source diplomatique promettait que « la sécurité (des Français) à Gaza est une priorité » et rappelait « la nécessité de protéger les populations civiles et de permettre la sortie (des Français) de Gaza ».
Le décès des deux aînés de Yasmine Znaidi a, par ailleurs, été confirmé par le Quai d’Orsay une semaine après l’annonce de leur mère. Ces deux jeunes enfants sont ainsi devenus les premiers, et les seuls Français dont la mort a été confirmée par les autorités.
À noter néanmoins qu’en France, la mère de famille, qui ne parvient donc pas à sortir de la Bande de Gaza, a fait l’objet d’une condamnation, en 2019, pour « association de malfaiteurs terroriste » et « financement d’une entreprise terroriste » pour avoir géré une association qui aurait fait des dons à la population de Gaza et dont certains bénéficiaires appartiendraient au Hamas (la France considère le Hamas comme un groupe terroriste, ce qui n’est pas le cas de tous les pays).
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