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Gaza : la justice française émet deux mandats d’amener pour « complicité de génocide »

- Deux militantes franco-israéliennes installées en Israël sont visées par une information judiciaire ouverte à Paris, après des plaintes d’associations portant sur des actions de blocage de l’aide humanitaire destinée à la bande de Gaza

Serap Doğansoy  | 02.02.2026 - Mıse À Jour : 03.02.2026
Gaza : la justice française émet deux mandats d’amener pour « complicité de génocide »

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

La justice française a émis deux mandats d’amener contre deux militantes franco-israéliennes dans le cadre d’une enquête pour « complicité de génocide », a appris la presse française ce lundi de source judiciaire.

Ces mandats d’amener ont été délivrés fin juillet 2025 à l’encontre de Nili Kupfer-Naouri, avocate et fondatrice de l’organisation « Israel Is Forever », et de Rachel Touitou, porte-parole du collectif Tsav 9. Ils s’inscrivent dans une information judiciaire ouverte au printemps 2025 par un juge d’instruction parisien.

Les deux femmes sont soupçonnées d’avoir contribué, par le biais de leurs organisations respectives, à des actions de blocage de convois d’aide humanitaire à destination de la population de Gaza. Les faits visés se seraient produits entre le 1er janvier et le 26 novembre 2024, ainsi qu’en mai 2025, notamment aux points de passage de Nitzana et de Kerem Shalom.

L’enquête, ouverte pour « complicité de génocide », porte également sur des faits qualifiés de « provocation publique et directe » au génocide, les intéressées étant soupçonnées d’avoir appelé publiquement à empêcher le ravitaillement des habitants de Gaza et d’avoir tenu des propos jugés déshumanisants à leur encontre.

Selon la procédure, les mandats d’amener, qui n’impliquent pas de placement en détention automatique, peuvent être émis directement par les juges d’instruction et valent, en théorie, sur l’ensemble du territoire européen.

Contactée par la presse française, Kupfer-Naouri n’a pas répondu dans l’immédiat. Touitou a réagi sur le réseau social américain X en contestant toute infraction pénale et a indiqué à la presse française ne pas souhaiter faire d’autres commentaires. Son avocat, Gilles-William Goldnadel, a déclaré que sa cliente se trouvait actuellement en Israël et qu’elle risquait d’être interpellée en cas de déplacement en France.

Les associations parties civiles saluent, de leur côté, une avancée judiciaire. Leur avocate, Clémence Bectarte, a estimé auprès de la presse française qu’il s’agissait de « la première fois qu’une juridiction nationale se prononce sur des faits de complicité de génocide à travers le blocage de l’aide humanitaire ».

Nées en France et installées de longue date en Israël, les deux militantes nient toute responsabilité pénale et dénoncent une procédure motivée, selon elles, par des considérations politiques.

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