Politique, Monde

Gaza : la France pousse pour une force de stabilisation et une aide humanitaire massive

– Paris veut coordonner la reconstruction, garantir l'accès de l'aide et exclure le Hamas de toute gouvernance future.

Ümit Dönmez  | 16.10.2025 - Mıse À Jour : 16.10.2025
Gaza : la France pousse pour une force de stabilisation et une aide humanitaire massive

Ile-de-France

AA / Paris / Ümit Dönmez


La France appelle à "l’entrée massive d’aide humanitaire" dans la bande de Gaza et soutient la création d’une force de stabilisation internationale sous mandat onusien, dans le cadre de la "phase du jour d’après", engagée après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Par voie de réponses à plusieurs questions de journalistes, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a détaillé, ce jeudi, les contours de la stratégie diplomatique de Paris face à la situation post-cessez-le-feu à Gaza. Une conférence humanitaire co-organisée avec l’Égypte et d’autres partenaires est en préparation. Elle visera à relancer l’acheminement de l’aide et amorcer un cadre pour la reconstruction de l’enclave palestinienne.

"Dans les prochaines semaines, c’était l’annonce du Président de la République, nous co-organiserons avec d’autres partenaires une conférence humanitaire pour Gaza", a-t-il rappelé, précisant qu’elle comportera "un volet humanitaire et un volet reconstruction". À ce stade, la France travaille à "coordonner les différentes initiatives", y compris avec l’Allemagne, qui a également évoqué une conférence de reconstruction.

La priorité immédiate reste toutefois l’aide d’urgence. Le porte-parole a évoqué une "petite reprise" de l’aide humanitaire, mais l’a jugée "encore très insuffisante". Il a dénoncé les modalités de certaines distributions passées : "plus d’un millier de personnes sont mortes dans le seul fait d’aller faire la queue pour pouvoir se nourrir". Paris réaffirme donc sa position : l’aide doit être distribuée par les Nations Unies et les ONG "conformément au droit humanitaire".



- Une force internationale de stabilisation sous mandat de l’ONU

La France pousse également pour la mise en place d’une force de stabilisation, encadrée par une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. "Nous estimons qu’il est extrêmement important d’avoir [...] une force de stabilisation qui ait un mandat de l’ONU", a expliqué Pascal Confavreux. Une telle force, selon Paris, apporterait "une assise de droit international fort" et permettrait de fédérer les contributions d’États tiers.

Des discussions "très nourries" ont lieu avec les États-Unis, le Royaume-Uni et les partenaires arabes, "très demandeurs d’avoir aussi un mandat de l’Organisation des Nations Unies", selon le porte-parole du Quai d'Orsay. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, ni pour la conférence ni pour la résolution onusienne.

Confavreux a insisté sur la nécessité d’une séquence ordonnée : d’abord le mandat, ensuite les modalités, puis les moyens. À ce stade, la France n’a pas confirmé son éventuelle participation militaire, mais "n’exclut pas d’emblée des éléments de ce soutien".



- Le Hamas exclu du futur de Gaza

Sur le plan politique, Paris campe sur une ligne claire : aucun rôle pour le Hamas dans la gouvernance à venir de la bande de Gaza. "Ce qui est très important, c’est le désarmement du Hamas", a déclaré le porte-parole, rappelant que la France, avec ses partenaires saoudiens, œuvre à "l’isolement international du Hamas" et à son exclusion de "toute future autorité palestinienne ou État palestinien".

Le Quai d'Orsay insiste sur une vision articulée autour de trois piliers pour "le jour d’après" : la sécurité, via la force de stabilisation ; la gouvernance, avec un rôle renforcé de l’Autorité palestinienne ; et la reconstruction, dans un cadre multilatéral.

"Le redéploiement à Gaza d’une autorité palestinienne réformée, renforcée sur ses capacités à assurer la sécurité intérieure", est présenté comme une condition essentielle de sortie de crise. Pascal Confavreux a estimé que la dynamique enclenchée par le cessez-le-feu et la libération partielle des otages était "le fruit du travail mené par le plan franco-saoudien", et qu’elle pouvait servir de tremplin vers un accord de paix.

Depuis l’accord de cessez-le-feu partiel conclu début octobre 2025, la situation à Gaza reste extrêmement précaire. Le flux humanitaire demeure limité et la sécurité incertaine. Les incidents armés inquiètent la communauté internationale. Paris a condamné ces violences, appelant "toutes les parties à la retenue pour que ce cessez-le-feu tienne".

La France, qui participe à la mission européenne EUBAM Rafah, y contribue par un petit contingent d’agents. Cette mission, en sommeil depuis 2007, pourrait être réactivée pour appuyer la gestion du poste-frontière entre Gaza et l’Égypte. Cependant, Paris insiste sur le rôle central de l’ONU dans l’acheminement de l’aide et la supervision sécuritaire.


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