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G7 / Énergie : Les pays membres étudient la libération de leurs stocks de pétrole face à la crise d'Ormuz

- Roland Lescure a souligné que « l'essentiel du problème, le nœud de l'enjeu, c'est le détroit d'Ormuz »

Mariem Njeh  | 10.03.2026 - Mıse À Jour : 10.03.2026
G7 / Énergie : Les pays membres étudient la libération de leurs stocks de pétrole face à la crise d'Ormuz

Istanbul

AA / Istanbul / Mariem Njeh

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé mardi que les ministres de l'Énergie du G7 ont demandé à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de préparer des scénarios en vue d'une potentielle libération des stocks stratégiques de pétrole, afin de stabiliser des marchés mondiaux perturbés.

S'exprimant à l'issue d'une réunion du G7 qu'il présidait au siège de l'AIE à Paris, Roland Lescure a souligné que « l'essentiel du problème, le nœud de l'enjeu, c'est le détroit d'Ormuz ». Il a notamment rappelé que 90 % des importations de pétrole japonais transitent par ce point de passage stratégique.

Face à cette situation, le G7 souhaite « se préparer à toute éventualité ». « Nous avons demandé à l'AIE [...] d'actualiser ces données de stocks pour [...] commencer à travailler sur des quantités qui pourraient être libérées », a précisé le ministre français, soulignant que la seule annonce de ces discussions a déjà permis une baisse de 20 dollars du prix du baril. La priorité absolue de la diplomatie, notamment portée par le président français, reste néanmoins « d'ouvrir le nœud » du détroit d'Ormuz.

Une réunion extraordinaire de l'AIE

Le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol, a confirmé de son côté la détérioration des conditions sur les marchés pétroliers ces derniers jours. Aux défis du transit par Ormuz s'ajoute la réduction d'une quantité substantielle de production pétrolière, créant des « risques importants et croissants ».

Fatih Birol a annoncé la convocation d'une réunion extraordinaire des gouvernements membres de l'AIE, mardi après-midi, pour évaluer la sécurité d'approvisionnement et décider d'une éventuelle mise sur le marché des stocks d'urgence. Les pays de l'AIE détiennent actuellement plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d'urgence, auxquels s'ajoutent 600 millions de barils de stocks industriels soumis à des obligations gouvernementales.

Sur le plan national, Roland Lescure a reconnu l'impact de cette crise sur les prix à la pompe en France, avec un diesel atteignant environ 2 euros le litre, un chiffre « en dehors d'une distribution normale ». Refusant d'annoncer un nouveau chèque énergie dans l'immédiat, il a privilégié le renforcement des contrôles dans les stations-service (avec un objectif de 500 contrôles rapides) et affirmé que la stabilisation du marché international est « la meilleure manière » de rendre service aux citoyens.

La France et ses alliés préparent une mission navale « purement défensive » visant à rouvrir le détroit d'Ormuz

Lundi, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France et ses alliés préparent une mission navale « purement défensive » visant à rouvrir le détroit et à escorter les navires une fois que la phase la plus intense du conflit au Moyen-Orient se sera atténuée.

Inquiétudes européennes et levée partielle des sanctions américaines

Cette mobilisation du G7 intervient dans un contexte d'extrême volatilité. À Bruxelles, Valdis Dombrovskis, membre de la Commission européenne, a averti que les prix du pétrole sont actuellement supérieurs d'environ 40 % et ceux du gaz de 90 % par rapport à la situation précédant l'escalade des tensions en Iran.

L'Union européenne s'inquiète que cette flambée n'offre des revenus inattendus à la Russie. Dombrovskis a appelé à une application stricte du plafonnement des prix du G7 sur le pétrole russe, voire à l'instauration d'une interdiction totale des services maritimes, afin de limiter la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.

En parallèle, face à la hausse des prix de l'énergie due aux tensions au Moyen-Orient, le président américain Donald Trump a annoncé lundi la levée de certaines sanctions liées au pétrole. « Nous lèverons les sanctions jusqu'à ce que le détroit (d'Ormuz) soit ouvert. Ensuite, qui sait, peut-être que nous n'aurons pas besoin d'imposer de sanctions », a déclaré le dirigeant américain.

Fermeture du détroit d'Ormuz : L'énergie mondiale sous tension

Après que les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l'Iran le 28 février, malgré les négociations en cours entre Téhéran et Washington, le général de brigade Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution iraniens, a déclaré tard le 2 mars que les navires ne seraient pas autorisés à transiter par le détroit d'Ormuz, avertissant que tout navire tentant de le traverser serait pris pour cible.

Cette déclaration, qui concerne un détroit par lequel transite environ un quart du commerce pétrolier mondial, a ravivé les craintes sur l'approvisionnement énergétique mondial et provoqué de vives turbulences sur les marchés.

Le ministère irakien du Pétrole a également annoncé avoir décidé de suspendre la production pétrolière dans le champ de Rumaila à Bassora, à la suite de la décision iranienne de fermer le détroit d'Ormuz.

Par ailleurs, le président américain Donald Trump a déclaré avoir donné des instructions pour que des assurances contre les risques politiques et des garanties soient fournies à un coût raisonnable afin d'assurer la sécurité financière de l'ensemble du commerce maritime transitant par le Golfe, en particulier les expéditions d'énergie.

Il a ajouté que la Marine américaine pourrait commencer à escorter les pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz si nécessaire.

Les marchés se concentrent également sur les craintes que le conflit au Moyen-Orient puisse peser sur le commerce mondial et raviver les pressions inflationnistes.

Le détroit d'Ormuz, situé à l'entrée du Golfe Persique, relie les exportations de pétrole et de GNL du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d'Arabie et l'océan Indien.

Les grands producteurs, dont l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, l'Irak et le Qatar, dépendent largement de ce passage. Les marchés européens et les grandes économies asiatiques telles que la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud en dépendent pour leurs importations énergétiques.

Les analystes avertissent que la hausse des prix de l'énergie pourrait alimenter l'inflation et compliquer davantage les décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui est restée prudente face aux hausses de prix découlant des droits de douane.

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