France / Venezuela : Hollande critique la réaction de Macron à l’intervention américaine
- L’ancien président français estime que Paris aurait dû dénoncer dès le départ un acte illégal et une violation du droit international, après l’intervention américaine ayant conduit à la chute de Nicolas Maduro
Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
L’ancien président français François Hollande a estimé mardi que la réaction initiale d’Emmanuel Macron à la situation au Venezuela aurait dû être de dénoncer immédiatement une violation du droit international.
« Sa dernière intervention aurait dû être la première : dire qu’il y a eu un acte illégal commis, qu’il y a une violation du droit international », a déclaré François Hollande lors d’un entretien sur Franceinfo, la chaîne d’information publique française.
Ses propos intervenaient après les déclarations du président français Emmanuel Macron concernant l’intervention ayant conduit à la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro. Emmanuel Macron s’était d’abord dit satisfait pour le peuple vénézuélien, avant de préciser ultérieurement que la méthode employée pour renverser Maduro n’était « ni soutenue ni approuvée » par la France.
Interrogé sur un éventuel revirement du chef de l’État français, François Hollande a répondu que cette position aurait dû être exprimée dès le départ. « C’était la première décision à prendre en tant que dirigeant de la France et, d’une certaine façon, d’influenceur des positions de l’Europe », a-t-il ajouté.
L’ancien président a toutefois précisé que la dénonciation d’un acte illégal n’excluait pas une critique du pouvoir vénézuélien. « Ça n’empêche pas de penser le pire de Maduro et de faire en sorte que le peuple vénézuélien puisse, à un moment, s’exprimer », a-t-il déclaré.
François Hollande a également évoqué la relation entre Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump, estimant que le chef de l’État français avait cherché à « ménager » Washington depuis la réélection de Donald Trump.
Selon lui, cette attitude s’inscrit dans une ligne partagée par plusieurs pays européens visant à maintenir l’implication américaine sur le continent européen. Il a toutefois mis en garde contre cette approche, affirmant que Donald Trump utilisait cette position pour défendre exclusivement les intérêts des États-Unis, y compris sur des dossiers touchant au territoire européen.
Pour rappel, Caracas a affirmé samedi à l’aube que les États-Unis avaient frappé des installations civiles et militaires dans plusieurs États du pays, avant de décréter l’état d’urgence national. Le président américain Donald Trump a confirmé une opération « de grande ampleur », indiquant que Nicolas Maduro et son épouse avaient été capturés et transférés hors du pays. Il a ensuite déclaré que les États-Unis « administreraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition « sûre » soit assurée, et qu’ils réhabiliteraient une infrastructure pétrolière qu’il a qualifiée de « brisée ».
Le couple a été transféré dans un centre de détention à New York et doit comparaître ce lundi devant la justice dans le cadre d’accusations liées au narcotrafic. Les frappes interviennent après plusieurs mois de pressions accrues de Washington sur Nicolas Maduro, accusé par les États-Unis d’être impliqué dans le trafic de drogue. Le dirigeant vénézuélien a rejeté ces accusations et s’était dit prêt à engager des discussions.
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