France : une étude établit un lien entre l’achat de pesticides et le déclin des oiseaux
- Selon l'étude, plus de 80 % des espèces étudiées seraient moins abondantes dans les zones où les achats de pesticides sont élevés. Ces résultats plaident en faveur d’une réduction de l’usage des pesticides afin de préserver la biodiversité
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Une étude menée par des chercheurs français met en évidence un lien significatif entre l’usage des pesticides et la diminution des populations d’oiseaux communs en France. Selon ces travaux, publiés mercredi 14 janvier dans la revue scientifique Proceedings B de la Royal Society, plus de 80 % des espèces étudiées seraient moins abondantes dans les zones où les achats de pesticides sont élevés.
Les chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) ont analysé les données locales d’achats de 242 substances actives de pesticides, qu’ils ont croisées avec les chiffres d’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs. « Nous avons trouvé un signal assez fort », souligne Anne-Christine Monnet, co-autrice de l’étude. « Pour 84,4 % des espèces, les corrélations sont négatives : plus il y a de pesticides vendus, moins il y a d’oiseaux », explique-t-elle.
L’étude couvre l’ensemble du territoire métropolitain, prenant en compte une grande diversité de contextes agricoles. Les chercheurs ne se sont pas limités aux espèces strictement liées aux milieux agricoles, mais ont également étudié des oiseaux fréquentant occasionnellement ces zones pour se nourrir ou nicher, comme les mésanges ou le rossignol.
Afin d’isoler l’impact spécifique des pesticides, les scientifiques ont intégré dans leurs modèles d’autres facteurs susceptibles d’influencer les populations d’oiseaux, notamment la structure des paysages agricoles ou l’utilisation d’engrais. « On est assez confiants sur le fait qu’on observe bien un effet isolé des pesticides », affirme Anne-Christine Monnet.
Les effets des pesticides sur les oiseaux peuvent être directs, à travers l’intoxication après ingestion de graines traitées, ou indirects, lorsque les insecticides entraînent la disparition des insectes constituant une ressource alimentaire essentielle.
Selon les auteurs, ces résultats plaident en faveur d’une réduction de l’usage des pesticides afin de préserver la biodiversité, les oiseaux étant considérés comme des indicateurs clés de l’état des écosystèmes.
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