France : une vaste opération aboutit à l’interpellation de 42 membres présumés de l’organisation criminelle DZ Mafia
- L’opération, toujours en cours, est pilotée par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) et menée par les gendarmes de la section de recherches de Marseille dans plusieurs départements du sud de la France
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Une opération d’envergure menée par les forces de l’ordre françaises a conduit à l’interpellation de 42 personnes soupçonnées d’appartenir au réseau criminel connu sous le nom de DZ Mafia, ont annoncé mardi les autorités judiciaires, citées par les médias français.
L’opération, toujours en cours, est pilotée par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) et menée par les gendarmes de la section de recherches de Marseille dans plusieurs départements du sud de la France, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard, selon des sources proches du dossier.
Certaines personnes suspectées ont également été extraites de leurs cellules pour être placées en garde à vue, alors que plusieurs figures importantes de l’organisation sont déjà incarcérées.
Selon le quotidien français Le Parisien, trois des principaux chefs présumés du groupe figurent parmi les personnes interpellées. Un avocat lyonnais aurait également été placé en garde à vue, soupçonné d’avoir été corrompu par l’organisation afin de faciliter les activités de certains de ses membres incarcérés.
Le parquet prévoit d’organiser une conférence de presse à l’issue des gardes à vue, samedi.
Un réseau criminel tentaculaire
La DZ Mafia est considérée par les autorités comme l’un des groupes criminels dominant actuellement le trafic de stupéfiants à Marseille. Ses activités s’étendent également le long de la vallée du Rhône et dans d’autres régions de France.
Selon plusieurs experts, le groupe ne correspond pas au modèle classique d’une mafia structurée. Il fonctionnerait plutôt comme un réseau opportuniste, utilisant notamment les réseaux sociaux pour recruter des guetteurs sur les points de vente de drogue, mais aussi, dans certains cas, des tueurs à gages.
Une source policière de haut rang décrit l’organisation comme une « hydre », soulignant qu’elle ne repose pas sur une hiérarchie clairement établie, mais sur un ensemble de personnes qui s’agrègent autour de membres présents à la fois en prison et à l’extérieur.
Outre son rôle central dans le trafic de stupéfiants, le groupe agirait également comme une sorte de prestataire pour d’autres réseaux criminels, pouvant être sollicité pour des règlements de comptes, pour réorganiser un réseau ou pour fournir des exécutants à d’autres organisations.
Le nom de la DZ Mafia apparaît ainsi dans plusieurs dossiers judiciaires, notamment à Nîmes, Alès et Clermont-Ferrand.
Un symbole de la montée du narcotrafic
Les enquêteurs estiment que l’influence et la violence associées à ce groupe criminel ont contribué à renforcer l’inquiétude des autorités françaises face à l’essor du narcotrafic.
Le nom de la DZ Mafia a notamment été évoqué dans l’enquête sur l’assassinat du frère du militant anti-drogue Amine Kessaci, survenu en novembre dernier à Marseille.
Face à la montée de la criminalité organisée liée au trafic de stupéfiants en France, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin a récemment mis en place des Quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) dans certaines prisons, afin d’isoler les cadres des réseaux criminels et limiter leur capacité à diriger leurs activités depuis leur détention.
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