France : une action en justice après des violences policières de la CSI 93 sur un adolescent de 15 ans
- « Les policiers lui ont demandé de faire des bruits d'animaux », témoigne la mère du jeune
Istanbul
AA / Istanbul / Ayse Bashoruz
Une mère de famille de Seine-Saint-Denis accuse un équipage de la Compagnie de sécurisation et d’intervention, CSI 93, d’avoir infligé de graves violences à son fils de 15 ans lors d’une interpellation survenue le 12 septembre dernier. Une plainte pour « actes de torture et de barbarie » a été déposée par la mère du jeune selon le média français l’Humanité.
La mère affirme que son fils a été « violemment frappé » par plusieurs policiers avant d’être emmené au commissariat. Elle raconte avoir découvert l’adolescent « défiguré et en sang » en le voyant descendre d’un véhicule de police : « On ne voyait même plus son visage », déclare-t-elle. La mère indique qu’aucune explication ne lui aurait été fournie sur place. Selon son témoignage à l’Humanité, les policiers auraient également ordonné au mineur de « faire des bruits d’animaux » pendant l’interpellation.
Maitre Pierre Brunisso, l’avocat de la famille, a déposé une plainte auprès de la structure de déontologie avec la famille du jeune devant le parquet de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, pour « actes de torture et de barbarie ». La mère affirme que l’Inspection générale de la police nationale, IGPN, n’a, à ce stade, pas été saisie du dossier.
La vice-présidente de l’Assemblée nationale, Nadège Abomangoli, a également exprimé son soutien au jeune homme sur la plateforme du réseau social X basée aux États-Unis : « Aucune force publique ne peut agir sans contrôle. La protection des mineurs est un impératif absolu. La République ne peut fermer les yeux face à la violence et au racisme, encore moins au sein des détenteurs de l'ordre. »
Bastien Lachaud, député de la Seine-Saint-Denis à Aubervilliers pour La France Insoumise, a dénoncé l'unité de police impliquée, rappelant les scandales passés : « La CSI 93, l'unité de police qui a torturé Bilal est connue de longue date et a été entachée de multiples scandales : violences. faux. racket. Les individus qui agissent ainsi, ne méritent pas le nom de "policiers", tout juste celui de voyous, de miliciens, de barbares. »
La Compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) de Seine-Saint-Denis est depuis 2020 au cœur de multiples scandales, selon une vidéo diffusée par le média français Libération. Les accusations portent sur des brutalités et des procès-verbaux mensongers, des faits enregistrés par les caméras de surveillance.
Les policiers visés appartiennent à une unité au passé controversé, la CSI 93, déjà l’objet de nombreuses enquêtes de l’IGPN. Plusieurs de ses membres ont été condamnés en 2023 et 2025 pour « violences volontaires » et « faux en écriture publique ».
Selon un rapport de l’ONG français, Flagrant déni, les violences commises par des personnes dépositaire de l’autorité publique (PDAP) ont augmenté de près de 60 % entre 2016 et 2024, passant de 700 à 1 110 affaires, tandis que les effectifs de l’IGPN diminuent. Le patron de l’IGPN, Stéphane Hardouin, a contesté le rapport sur le média français BFM TV tout en ajoutant que l’IGPN intervient principalement dans les dossiers graves ou sensibles, selon la décision du procureur de la République conformément à l’article 12-1 du Code de procédure pénale.
Les policiers incriminés, tout comme leurs avocats, ne se sont pas exprimés, et le média à l’origine de l’information ne rapporte aucune réaction ni des agents concernés ni des syndicats représentatifs. De même, le parquet de Bobigny, sollicité, n’a pas répondu aux questions du média à ce stade.
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