France : réactions médiatiques après des messages racistes visant des nourrissons
- Après des messages racistes visant le bébé Zaïd, premier né de 2026 en France, plusieurs médias ont restreint leurs commentaires, sans réaction officielle à ce stade du ministère chargé de la lutte contre les discriminations
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Zaïd, premier bébé né en France en 2026, a été la cible d’une vague de messages racistes sur les réseaux sociaux quelques heures seulement après sa naissance. Né le 1er janvier 2026 à 1h30 à l’hôpital d’Avignon, le nourrisson a été présenté dans un article publié par le quotidien régional La Provence, accompagné d’une photo. Rapidement, les commentaires sous la publication se sont transformés en un flot de propos haineux visant son prénom et ses origines supposées.
Des insultes à destination d’un nouveau-né
Parmi les centaines de messages recensés, Zaïd a été traité de « terroriste », de « futur dealer » ou encore de « gnoule ». Certains commentaires affirmaient que le bébé « va brûler des voitures et toucher la CAF » ou que « ses petits doigts cherchent déjà le manche du couteau ». Les auteurs de ces propos utilisaient majoritairement des comptes anonymes ou sous pseudonyme.
Face à l’ampleur des réactions, le directeur de la rédaction de La Provence a publiquement condamné ces messages haineux, indiquant que les commentaires avaient été désactivés et les contenus racistes supprimés.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur les réseaux sociaux, d’autres médias ont pris des mesures similaires, supprimant leurs publications ou restreignant les commentaires, à l’instar de France Bleu, confronté à une vague de propos visant des personnes d’origine maghrébine sur ses plateformes.
Selon le cadre juridique en vigueur, les injures racistes sont passibles d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Soutiens et réactions publiques
Le nourrisson a suscité de nombreuses marques de soutien. Le collectif antifasciste No Pasaran Jeunes a notamment mené des actions de collage à Montfavet avec des messages tels que « Bienvenue Zaïd, Montfavet est antiraciste » ou « Avignon est ta maison ».
Le député LFI de la première circonscription du Vaucluse, Raphaël Arnault, a dénoncé des « attaques racistes absolument ignobles » visant un bébé, rappelant « l’absurdité du racisme ».
De nombreux internautes ont également exprimé leur indignation face à la banalisation de propos racistes en ligne. L’affaire a été relayée par des médias étrangers, dont le site algérien TSA, qui évoque une extension du racisme jusque dans les faits divers impliquant des nourrissons.
Aucune réaction officielle n’a en revanche été enregistrée de la part de la Ministère de l’Égalité entre les Femmes et les Hommes et de la Lutte contre les discriminations. Sollicitée sur ces faits, l’institution n’avait pas publié de condamnation ou de prise de position publique au moment de la rédaction de cet article.
Identification d’auteurs et procédures
Des plateformes spécialisées dans la lutte contre le racisme en ligne, telles que Tajmaât et VIRMAG, ont indiqué avoir identifié plusieurs auteurs présumés des messages haineux. Selon ces sources, figureraient parmi eux un cadre du parti Reconquête, un enseignant, un directeur juridique et un vidéaste actif sur YouTube.
Certains comptes ont depuis été supprimés ou signalés aux autorités compétentes.
Concernant le directeur juridique de la communauté d’agglomération Rambouillet Territoires, sollicité sur ces faits, il a été indiqué qu’aucun commentaire public ne serait formulé à ce stade.
Zaïd n’est pas un cas isolé : à Avignon, Maryam, dernier bébé né en 2025, avait déjà fait l’objet de messages racistes après la publication d’un article similaire. Selon plusieurs sources concordantes, trois autres nourrissons ont également été pris pour cible dans des publications distinctes ces derniers jours, et plusieurs auteurs de ces messages auraient été formellement identifiés.
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