France : « Ni les Européens ni les pays du Golfe n’ont souhaité cette guerre » contre l’Iran, affirme Catherine Vautrin
- S’exprimant lors de la clôture du Forum de Paris sur la défense et la stratégie (PDSF), la ministre a insisté sur la ligne française face au conflit : « protéger nos ressortissants, d’abord […], protéger nos intérêts, ensuite »
Istanbul
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
La France a réaffirmé vendredi sa volonté de ne pas s’inscrire dans une logique d’escalade militaire au Moyen-Orient, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, soulignant que « ni les Européens ni les pays du Golfe n’ont souhaité cette guerre » .
S’exprimant lors de la clôture du Forum de Paris sur la défense et la stratégie (PDSF), la ministre a insisté sur la ligne française face au conflit : « protéger nos ressortissants, d’abord […], protéger nos intérêts, ensuite » dans une région où se jouent des équilibres majeurs pour la sécurité internationale .
Une posture « non escalatoire »
Catherine Vautrin a réaffirmé que « la France ne cesse de rechercher une issue diplomatique à la crise », précisant que la position française est « non escalatoire et strictement défensive » .
Dans ce cadre, Paris entend éviter toute implication directe dans un conflit qu’elle n’a pas initié, tout en maintenant ses engagements en matière de sécurité.
« Le champ des règles apparaît comme un champ de ruines »
Évoquant le contexte international, la ministre a estimé que « le champ des règles apparaît désormais comme un champ de ruines », décrivant un environnement marqué par une conflictualité durable et multiforme .
Elle a également rappelé que « la menace russe est durable » et que l’issue de la guerre en Ukraine « façonnera, pour longtemps, l’architecture de sécurité de notre continent » .
« La sécurité de l’Europe ne se sous-traite pas »
Face à ces défis, Catherine Vautrin a plaidé pour un renforcement des capacités européennes, affirmant : « la sécurité de l’Europe ne se sous-traite pas » .
Elle a appelé à bâtir « une base industrielle et technologique de défense européenne robuste, réactive », estimant que « notre première arme doit être l’usine » .
Un « réveil stratégique européen »
En conclusion, la ministre a exprimé une note d’optimisme, affirmant que « les Européens sont en train de prendre pleinement conscience de leur puissance » et que « le réveil stratégique européen est notre meilleure chance » .
À travers ces déclarations, la France affiche une ligne claire : rester en dehors d’une guerre qu’elle n’a pas souhaitée, tout en œuvrant à une réponse diplomatique et à un renforcement stratégique de l’Europe.
Depuis plusieurs semaines, les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées après des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, suivies de ripostes de Téhéran visant notamment des intérêts américains et leurs alliés dans la région.
