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France - Municipales : alliances, fusions et bras de fer à gauche comme à droite au lendemain du premier tour

- Une nouvelle campagne commence dans plusieurs grandes villes françaises dès ce lundi, au lendemain du premier tour des élections municipales. À Paris, Toulouse, Lille, Lyon et Marseille, le second tour passera par des compromis

Ben Amed Azize Zougmore  | 16.03.2026 - Mıse À Jour : 16.03.2026
France - Municipales : alliances, fusions et bras de fer à gauche comme à droite au lendemain du premier tour

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Au lendemain du premier tour des élections municipales, marqué par une percée de La France insoumise (LFI) dans plusieurs grandes villes et des scores élevés du Rassemblement national (RN), les tractations se sont intensifiées lundi en vue du second tour prévu le 22 mars.

Entre fusions, retraits, maintiens et appels au « front antifasciste », les discussions se multiplient dans plusieurs communes, notamment à gauche, alors que la date limite de dépôt des listes en préfecture est fixée à mardi à 18 heures.

- La gauche tente de s’unir dans plusieurs grandes villes

Dans plusieurs villes, des rapprochements entre socialistes, écologistes et insoumis ont commencé à prendre forme dès lundi matin.

- Toulouse : une fusion rapide après la percée surprise de LFI

À Toulouse, quatrième ville de France, où La France insoumise est arrivée à réaliser une percée remarquable devant la liste de gauche menée par le Parti socialiste, une « liste commune » a été annoncée dès lundi.

Cette alliance pourrait placer la gauche en position favorable pour tenter de battre le maire divers droite sortant.

- Lille : discussions ouvertes entre PS, LFI et écologistes

À Lille, des discussions ont été engagées entre les trois principales forces de gauche. Les socialistes et les insoumis cherchent un accord avec les écologistes pour constituer une liste commune au second tour.

- Besançon : la maire écologiste se rallie à LFI

À Besançon, la maire écologiste sortante, largement distancée par le candidat Les Républicains (LR), a annoncé son ralliement à La France insoumise, affirmant vouloir ainsi « battre la droite ».

- Lyon : LFI pousse pour une fusion avec Grégory Doucet

À Lyon, la candidate insoumise espère une fusion avec la liste du maire écologiste sortant Grégory Doucet, arrivé au coude-à-coude avec Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et les macronistes.

L’objectif affiché est de consolider un bloc de gauche capable de contrer l’ancien président de l’Olympique lyonnais.

- Nantes : appel de LFI à un « front antifasciste »

À Nantes, William Aucant, candidat LFI qualifié de justesse pour le second tour, a affirmé avoir adressé une lettre à la maire sortante socialiste Johanna Rolland, arrivée en tête avec 35,24 %, devant le candidat LR crédité de 33,77 %.

Sur X, il a indiqué lui avoir fait une « ultime proposition » :

« Un front antifasciste, aucun accord avec le macronisme et le respect du résultat du 1er tour à gauche ».

Selon lui, les équipes des deux candidats ont déjà entamé des discussions en vue d’un accord.

- Paris et Marseille, deux cas explosifs pour la gauche

Si des alliances locales émergent dans plusieurs villes, la situation apparaît nettement plus tendue à Paris et Marseille, où les relations entre le Parti socialiste et La France insoumise ont été particulièrement dégradées pendant la campagne.

- Paris : Emmanuel Grégoire refuse la main tendue de Sophia Chikirou

À Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, arrivé en tête avec 37%, dix points devant l'ancienne ministre LR Rachida Dati, a rejeté l’offre de fusion formulée par la candidate insoumise Sophia Chikirou, qui a franchi la barre des 10 % et peut donc se maintenir au second tour.

Cette dernière a affirmé qu’en l’absence d’accord, elle maintiendrait sa liste.

Toujours sur X, Sophia Chikirou a déclaré « attendre le coup de fil d’Emmanuel Grégoire pour barrer la route à Rachida Dati », dénonçant ce qu’elle considère comme un double standard au sein de la gauche :

« Là où les listes de LFI arrivent en tête, la fusion avec le PS et les autres listes est possible. Là où le PS arrive en tête, il refuse cette même fusion… Incompréhensible ! »

- Marseille : Benoît Payan refuse toute « tambouille »

À Marseille, où le maire sortant Benoît Payan est au coude-à-coude avec Franck Allisio (RN), les tensions sont également fortes.

Le maire sortant a assuré qu’il n’était « pas question de faire la moindre tambouille avec qui que ce soit ».

Une position vivement critiquée par le député insoumis Sébastien Delogu, également qualifié pour le second tour, qui plaide de son côté pour un « front antifasciste » afin d’empêcher une victoire du RN.

- Marine Tondelier soutient les alliances locales avec LFI

La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a publiquement soutenu lundi les candidats socialistes ou écologistes engagés dans des négociations locales avec les « insoumis », notamment à Nantes, Brest, Rennes, Toulouse ou encore Limoges.

Sur Franceinfo, elle a vivement critiqué les responsables de gauche qui rejettent toute alliance avec LFI par principe, visant notamment François Hollande et Raphaël Glucksmann.

« Ce sont des gens qui, à gauche, aspirent à être les rois du cimetière », a-t-elle lancé, estimant qu’une telle ligne conduirait à une gauche incapable de gagner, ni aux municipales ni à la présidentielle.

- Manuel Bompard attaque François Hollande

Même tonalité du côté de La France insoumise. Sur France Inter, le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, a jugé que l’appel de François Hollande à ne pas nouer d’alliances entre le Parti socialiste et LFI relevait d’une « irresponsabilité absolue ».

L’ancien président avait estimé un peu plus tôt que « LFI n’est pas en capacité de gagner » des villes, en dehors de bastions déjà acquis comme Saint-Denis et potentiellement Roubaix.

Il avait par ailleurs mis en avant les résultats de la gauche hors LFI dans des villes comme Paris, Lyon ou Marseille, où les socialistes et écologistes ont obtenu de meilleurs scores qu’attendu.

- À Paris, la droite ferme la porte à Reconquête mais tend la main à Horizons

Les tractations liées aux municipales ne concernent pas uniquement la gauche. À Paris, le porte-parole de la campagne de Rachida Dati et numéro deux de sa liste, Sylvain Maillard, a exclu toute alliance avec Sarah Knafo, candidate de Reconquête, arrivée cinquième au premier tour.

« Il n’y a aucune alliance avec Sarah Knafo », a-t-il déclaré sur ICI Paris Île-de-France, confirmant en revanche, vouloir « tendre la main » à Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) afin de rassembler les électeurs favorables à une alternance dans la capitale.

- Dernières heures décisives avant le dépôt des listes

Dans plusieurs villes, les heures qui viennent seront décisives. Des triangulaires, quadrangulaires, voire des configurations plus inédites restent théoriquement possibles dans certaines communes comme Mulhouse ou Poitiers, où le morcellement des forces politiques complique les projections.

Les candidats ont jusqu’à mardi 18 heures pour déposer leurs listes en préfecture. D’ici là, les discussions devraient se poursuivre à un rythme soutenu, avec en toile de fond deux enjeux majeurs : éviter des divisions fatales à gauche dans plusieurs villes clés et contenir la poussée du Rassemblement national dans des bastions symboliques, notamment à Marseille.

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