France / Mort de Quentin à Lyon : « un lynchage manifeste », affirme Laurent Nuñez
- Le ministre de l’Intérieur a estimé lundi sur France Inter que la mort de Quentin Deranque, 23 ans, après une agression à Lyon, relevait d’un « lynchage manifeste »
Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
La mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans originaire de l’Isère, survenue après une violente agression jeudi soir à Lyon, constitue « un lynchage manifeste », a affirmé lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur France Inter, la radio publique française.
« A coup sûr, il y a un affrontement qui se termine par un lynchage », a déclaré le ministre.
« Plusieurs individus qui portent des coups, dont ils ne peuvent pas imaginer une seconde qu'ils peuvent ne pas être mortels, ça n'est pas possible autrement », a-t-il ajouté.
Il a toutefois exprimé des réserves sur la qualification de « guet-apens » avancée par les proches de la victime : « la préméditation à ce point-là, je n'en suis pas complètement certain », a-t-il affirmé.
« Par contre, le lynchage, évidemment, c'est manifeste, et d'ailleurs c'est pour ça que le procureur a ouvert une enquête pour violence criminelle », a précisé le ministre.
Laurent Nuñez a également estimé que le terme de « rixe » « peut être vu comme une forme d'atténuation, ça fait penser à un affrontement entre bandes. Là c'est beaucoup plus grave ».
« Ce sont des mouvances ultras qui recourent, de part et d'autre, très souvent à la violence. Et donc le mot rixe me semble un peu sous-estimer le phénomène. Et quand bien même ça aurait commencé par une rixe, ça se termine par un lynchage qui entraîne la mort d'un jeune homme de 23 ans. Donc c'est très grave, et donc pour moi, il n'y a même pas débat sur ce terme », a-t-il poursuivi.
Interrogé sur un éventuel lien entre La France insoumise et La Jeune Garde, mouvement d’ultra-gauche dissous en juin 2025, le ministre a affirmé qu’il existait des « liens extrêmement forts » entre les deux. Il a également indiqué que le ministère « documente leur participation à de nombreuses actions violentes telles que celle qui a lieu jeudi soir ».
La Jeune Garde, mise en cause par le collectif Némésis – proche de l’extrême droite et dont Quentin Deranque assurait le service d’ordre jeudi soir – a fait savoir dimanche, par la voix de son avocat, qu’elle ne « saurait être tenue pour responsable » des faits, précisant avoir « suspendu toutes ses activités ».
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a réagi dimanche lors d’un meeting à Montpellier : « Nous n'avons rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent sont des calomniateurs ». Il a ajouté : « Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches », rappelant avoir « dit des dizaines de fois que nous étions hostiles et opposés à la violence ».
Selon les informations rapportées par ICI, média de l’audiovisuel public français, le procureur de Lyon doit tenir un point presse lundi à 15 heures sur l’enquête, après que les services de police ont « recueilli plusieurs témoignages significatifs ».
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