Mona Saanouni
18 Novembre 2020•Mise à jour: 18 Novembre 2020
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Des affrontements ont éclaté entre les manifestants contre la loi « sécurité globale » et les forces de l’ordre, à Paris où au moins une photojournaliste a été interpellée, ont rapporté mardi soir plusieurs témoins sur place.
D’autres journalistes indiquent, sur les réseaux sociaux, avoir été ciblés par les fonctionnaires de police ou les gendarmes mobilisés pour encadrer l’événement.
La manifestation, qui se tenait à proximité de l’Assemblée Nationale pour protester contre la loi « sécurité globale » au moment où elle est débattue par les députés, s’est finalement soldée par des violences.
Sur des images diffusées sur le réseau social Twitter, on voit une photojournaliste de 18 ans, Hannah Nelson, traînée au sol par des policiers avant d’être interpellée.
Selon le collectif « Cerveaux non disponibles », qui produit des éléments de presse alternative, au moins cinq journalistes ont été pris pour cibles par les forces de l’ordre.
Peu avant ces événements, les autorités avaient fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau afin de disperser les manifestants.
La loi « sécurité globale », qui suscite de vives crispations, jusqu’au haut-commissariat des droits de l’homme à l’ONU, prévoit notamment dans son article 24, d’interdire la diffusion d’images des forces de l’ordre.
« Nous craignons que l’adoption et l’application de cette proposition de loi puissent entraîner des atteintes importantes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, notamment le droit à la vie privée, le droit à liberté d’expression et d’opinion, et le droit à la liberté d’association et de réunion pacifique », estime l’instance internationale, initialement saisie par la LDH (Ligue des Droits de l’Homme).