France / Mobilisation agricole : la ministre de l’Agriculture durcit le ton face à la Coordination rurale
- « Manifester est un droit, mais cela obéit à des règles », a déclaré Annie Genevard, dénonçant une initiative organisée « sans se coordonner avec les pouvoirs publics »
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, a affiché mercredi sa fermeté face à la Coordination rurale, qui prévoit d’entrer « pacifiquement » dans Paris afin de déposer les doléances des agriculteurs.
« Manifester est un droit, mais cela obéit à des règles », a-t-elle déclaré sur franceinfo, dénonçant une initiative organisée « sans se coordonner avec les pouvoirs publics ». « On ne peut pas bloquer Paris », a-t-elle insisté, rappelant que « il y a des gens qui viennent travailler à Paris, qui doivent pouvoir continuer de venir travailler ».
Interrogée sur la possibilité d’une intervention visant à arrêter les convois agricoles, avec l’appui du ministre de l’Intérieur, la ministre s’est voulue toutefois prudente ; une telle décision relève, selon elle, de la « compétence du ministre de l’Intérieur », sans préciser les suites qui pourraient être données à cette mobilisation menée sous la neige par des agriculteurs circulant en tracteurs.
Ces déclarations de la ministre interviennent alors que malgré l’interdiction de circuler avec ce type de véhicules, un convoi parti de Dordogne poursuit sa progression vers la capitale. Une quinzaine de tracteurs, engagés sur les routes depuis lundi soir, se trouveraient mercredi à environ cent kilomètres à l’ouest de Paris, en Eure-et-Loir. Les conditions météorologiques difficiles, marquées par la neige et le verglas, n’ont pas ralenti leur avancée.
Deuxième syndicat agricole du pays, la Coordination rurale maintient la pression après avoir été reçue lundi par le Premier ministre. Elle dénonce la gestion gouvernementale de la crise de la dermatose nodulaire bovine et réclame une vaccination généralisée du cheptel, estimé à près de 16 millions de têtes, ainsi que l’arrêt de l’abattage des troupeaux dès la détection d’un premier cas. Le syndicat s’oppose également à l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, dont l’examen doit se poursuivre le 12 janvier lors du Conseil des chefs d’État. « Le 12, le Conseil des chefs d’État va se prononcer, mais après, ça va partir au Parlement européen », a rappelé Annie Genevard, soulignant qu’« il n’est pas garanti que l’accord soit validé par le Parlement européen ».
Face à une colère persistante du monde agricole, l’exécutif assure vouloir apaiser les tensions. De nouvelles mesures doivent être annoncées d’ici vendredi. Un arrêté publié mercredi au Journal officiel prévoit déjà la suspension, à titre conservatoire, de l’importation et de la mise sur le marché en France de denrées alimentaires en provenance de pays tiers contenant des résidus de substances phytopharmaceutiques interdites dans l’Union européenne.
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