Bilal Müftüoğlu
22 Janvier 2016•Mise à jour: 23 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'état d'urgence en France restera en place jusqu'à la défaite globale de Daech, a annoncé vendredi le Premier ministre français Manuel Valls.
Dans une interview avec la chaîne britannique BBC depuis Davos, Valls a explicitement déclaré, une première au nom du gouvernement français, que l'état d'urgence mis en place le soir des attentats de Paris du 13 novembre 2015 pourrait être prolongé pour une durée indéterminée après sa fin prévue le 26 février.
"Jusqu'à ce que la menace persiste nous devons utiliser tous les moyens", a soutenu le Premier ministre français, évoquant une guerre "globale" contre Daech, en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
Valls a encore affirmé que la France pourrait à nouveau être cible des attentats terroristes comme ceux qui ont fait 130 morts et plusieurs blessés le soir du 13 novembre dernier.
Les remarques de Valls coïncident avec la réunion qui a eu lieu mercredi entre le président français François Hollande et les présidents de l'Assemblée nationale et le Sénat lors de laquelle Hollande aurait confirmé la volonté du gouvernement de prolonger l'état d'urgence de trois mois, selon une information relayée par Le Monde.
Le porte-parole du gouvernement français Stéphane Le Foll avait aussi estimé de son côté que "l’état d’urgence sera maintenu autant que ce sera nécessaire". Le gouvernement français serait en train de préparer une proposition de loi à cet effet pour la présenter dès la première semaine du mois de février, selon une information de la radio Europe1.
Outre le prolongement de l'état d'urgence, Valls s'est montré particulièrement sévère quant à la gestion du flux migratoire depuis le Moyen-Orient et l'Afrique vers l'Europe, soulignant, "Nous ne pouvons pas dire que tous les réfugiés (...) seront accueillis en Europe".
En cas de l'accueil continu des réfugiés, les sociétés européennes seront "déstabilisées" et que le projet européen serait "mis en cause", d'après le Premier ministre français.
"C'est l'Europe qui peut mourir, pas l'espace Schengen si l'Europe n'est pas capable de protéger ses frontières. C'est l'idée même d'Europe qui va être mise en cause", a-t-il ajouté.
La conception des pères fondateurs est "en très grave danger", a aussi estimé Valls, dès lors que l'idée de l'espace de libre circulation est sur le point de "mourir".