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France : le tabac a causé plus de 68 000 décès en 2023, première cause de mortalité évitable

- Selon les données publiées par Santé publique France, le tabagisme a représenté 11 % de la mortalité totale en 2023. Malgré une baisse par rapport à 2015, il demeure la principale cause de décès évitable dans le pays

Ben Amed Azize Zougmore  | 16.02.2026 - Mıse À Jour : 16.02.2026
France : le tabac a causé plus de 68 000 décès en 2023, première cause de mortalité évitable

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Le tabac a causé plus de 68 000 décès en France en 2023, soit 11 % de la mortalité totale enregistrée cette année-là, selon les données actualisées publiées lundi par Santé publique France (SPF).

L’agence sanitaire souligne une baisse par rapport à 2015, où 75 000 décès, soit 13 % de la mortalité totale, avaient été attribués au tabagisme. Malgré cette diminution qualifiée d’« encourageante » par la directrice générale de SPF, Caroline Semaille, le tabac demeure la première cause de mortalité évitable dans le pays.

« Le tabagisme réduit considérablement l’espérance de vie avec une dizaine d’années perdues », rappellent les chercheurs dans leur rapport. Environ un quart des adultes en France déclarent encore fumer, au moins occasionnellement.

Le cancer constitue la principale pathologie associée au tabagisme et la première cause de décès chez les fumeurs. Selon SPF, 55 % des décès attribuables au tabac chez les femmes sont liés à un cancer, contre 58 % chez les hommes. Le tabagisme est également responsable d’un décès sur trois dû à une maladie respiratoire chronique et d’un sur dix lié à des maladies cardiovasculaires ou neurovasculaires.

Les données mettent en évidence de fortes inégalités sociales et territoriales. Les régions des Hauts-de-France, du Grand Est et la Corse présentent les taux de mortalité attribuable au tabac les plus élevés, avec respectivement 127, 117 et 116 décès pour 100 000 habitants. À l’inverse, l’Île-de-France affiche le taux le plus faible en métropole, avec 83 décès pour 100 000 habitants. Les départements d’outre-mer, notamment la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane, enregistrent les taux les plus bas.

Les chercheurs rappellent que la mortalité observée aujourd’hui résulte en grande partie d’habitudes tabagiques adoptées dès la jeunesse. « La mortalité attribuable au tabac observée aujourd’hui est la conséquence d’habitudes tabagiques prises dans leur jeunesse par des générations d’hommes et de femmes qui atteignent l’âge où les maladies causées par le tabagisme ont une incidence élevée », précisent-ils.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la prévention et de l’accompagnement au sevrage. Selon le baromètre 2024 de Santé publique France, plus de la moitié des fumeurs quotidiens déclarent vouloir arrêter. Pour Caroline Semaille, cette situation « souligne l’importance de renforcer la mobilisation collective, de la sensibilisation des jeunes générations jusqu’à l’accompagnement des fumeurs tout au long de leur parcours d’arrêt ».

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