France : le remboursement d’une galette des rois sans gluten ravive la polémique sur le déficit de la Sécurité sociale
- Cette galette s’inscrit dans un dispositif plus large de remboursement destiné aux personnes atteintes de la maladie cœliaque, pour lesquelles l’exclusion totale du gluten est le seul traitement possible
Alger
AA / Istanbul / Sanaa Amir
Un fabricant normand spécialisé dans les produits sans gluten commercialise une galette des rois à 18,95 euros ouvrant droit à un remboursement partiel par la Sécurité sociale, une initiative qui suscite la controverse en France, selon Le Figaro.
Basée à Darnétal, près de Rouen, l’entreprise Le Petit Minotier propose une galette des rois sans gluten dont 3,81 euros peuvent être remboursés par l’Assurance maladie. Labellisé par l’Association française des intolérants au gluten (Afdiag), le fabricant affirme répondre à une demande croissante. « Il y a une réelle demande en France », explique son président Anthony Roy dans les colonnes de Paris Normandie.
Pour bénéficier du remboursement, les consommateurs doivent toutefois remplir des conditions strictes. « Il faut évidemment que le client soit reconnu comme intolérant au gluten et qu’il ait transmis les certificats nécessaires à l’Assurance maladie », précise Anthony Roy. Une vignette LPPR, ( Liste des Produits et Prestations Remboursables prévue à l'article L.165-1 du Code de la sécurité sociale) apposée sur le produit, doit ensuite être envoyée à la Sécurité sociale pour déclencher la prise en charge.
Cette galette s’inscrit dans un dispositif plus large de remboursement destiné aux personnes atteintes de la maladie cœliaque, pour lesquelles l’exclusion totale du gluten est le seul traitement possible. La Sécurité sociale rappelle que « la prise en charge est de 60 % du montant du produit, plafonnée à 45,73 euros par mois et par adulte ». Mais ce plafond est jugé insuffisant par les associations de patients, qui dénoncent un surcoût bien supérieur. « Le surcoût moyen mensuel est au final bien supérieur au remboursement dont peuvent bénéficier les malades », souligne une membre de l’Afdiag (Association Française Des Intolérants Au Gluten)
Au-delà des difficultés pratiques, cette prise en charge alimente un débat politique et budgétaire. Sur RTL, le journaliste économique François Lenglet s’est vivement indigné : « Les bras m’en tombent ». Il rappelle que « le déficit de la Sécurité sociale atteindra 24 milliards d’euros en 2026 » et estime « scandaleux » que la collectivité finance ce type d’achats. « Une Sécurité sociale qui finance les galettes des rois de ses administrés ferait bien de se mettre au régime », a-t-il lancé.
La polémique a été amplifiée sur le plateau des Grandes Gueules. La sophrologue Laura Warton Martinez a dénoncé une incohérence majeure : « On est dans un pays où on a voté la réduction des indemnisations des gens qui ont des longues maladies comme le cancer, et on rembourse une galette ». Elle ajoute : « Il faut juste deux secondes se rendre compte de ça ».
Enfin, François Lenglet alerte sur une dérive du système : « On dénature la Sécu, qui est faite pour rembourser des frais médicaux, pas pour financer les achats quotidiens ». Tout en précisant sa position, il conclut : « Que la Sécu finance des campagnes d’information, très bien. Que les associations labellisent les produits, encore mieux. Mais pas le reste ».
