France : l'Assemblée nationale rejette les deux motions de censure déposées contre le gouvernement
- Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a défendu sa politique énergétique tout en critiquant l'initiative des oppositions, qualifiée de « désordre politique inutile »
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
L'Assemblée nationale française a largement rejeté, mercredi soir, deux motions de censure déposées par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) contre la feuille de route énergétique de l'exécutif, levant ainsi le dernier obstacle avant un remaniement gouvernemental attendu de façon imminente.
Sans surprise, aucune des deux initiatives n'a atteint la majorité absolue requise de 289 voix pour faire chuter le gouvernement. La motion portée par le RN n'a recueilli que 140 suffrages, tandis que celle de LFI a réuni 108 voix.
- Lecornu dénonce un « désordre politique inutile »
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a défendu sa politique énergétique tout en critiquant l'initiative des oppositions, qualifiée de « désordre politique inutile ».
Le chef du gouvernement a dénoncé une « succession d'improvisations » dans les rangs du RN et de LFI. Ciblant spécifiquement ses adversaires, il a reproché au Rassemblement national de s'appuyer sur des « chiffres inventés », et a accusé les députés insoumis de « préférer importer du gaz russe que de produire de l'électricité nucléaire décarbonée française », rapportent les médias locaux.
LFI avait annoncé lundi le dépôt de cette motion de censure, dénonçant une adoption par décret d’orientations engageant le pays pour plusieurs décennies. « Il est inacceptable que de telles décisions soient prises sans débat ni vote de l’Assemblée », avait affirmé Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, dans un message publié sur la plateforme sociale X.
Quelques heures plus tôt, le groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale avait également déposé une motion de censure pour dénoncer la publication, le 13 février, de cette feuille de route énergétique par décret, estimant que le gouvernement avait contourné le Parlement sur un sujet structurant pour l’avenir du pays.
La PPE3 détaillait la répartition prévue entre les différentes sources d’énergie, nucléaire, éolien, solaire et hydraulique, dans le mix énergétique français à l’horizon 2035.
Ce texte faisait l’objet de débats soutenus depuis plusieurs années, notamment sur la place du nucléaire et le rythme de développement des énergies renouvelables.
Pour justifier le recours au décret, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait estimé qu’un report supplémentaire serait « fondamentalement dangereux pour notre souveraineté » et pour la capacité du pays à produire son énergie.
Le gouvernement mettait en avant une relance de la consommation d’électricité décarbonée, principalement d’origine nucléaire, afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées.
Le texte prévoyait parallèlement un déploiement plus modéré de l’éolien terrestre et du solaire, invoquant une stagnation de la consommation d’électricité.
