France : la nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité visée par une enquête administrative
- Sous la pression de syndicats agricoles, le gouvernement a lancé une enquête sur la nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité, sur fond de menaces et d’attaques en ligne
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La nomination d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité (OFB) fait l’objet d’une enquête administrative ordonnée par le Premier ministre, après des critiques formulées par des syndicats agricoles et une campagne d’invectives et de menaces visant la dirigeante sur les réseaux sociaux, a-t-on appris de sources concordantes.
Ancienne élue écologiste à Paris et ex-présidente-directrice générale d’Eau de Paris, Anne Le Strat a été nommée début janvier 2026 directrice générale déléguée chargée de la mobilisation de la société au sein de l’OFB, établissement public placé sous la tutelle du ministère de la Transition écologique. Depuis plusieurs jours, elle est visée par des propos sexistes, insultants et violents publiés notamment sur des pages du réseau social américain Facebook proches de la Coordination rurale (CR), syndicat agricole classé à droite.
Interpellé au Parlement, le gouvernement a reconnu que cette nomination avait suscité de vives réactions dans le monde agricole. La ministre de la Transition écologique a annoncé que le Premier ministre avait saisi l’Inspection générale de l’administration, le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, ainsi que l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable, afin d’examiner les modalités de ce recrutement, intervenu à l’issue d’une procédure administrative.
Des responsables de la Coordination rurale ont dénoncé une nomination jugée « idéologique » et réclamé le départ d’Anne Le Strat de l’OFB. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a, de son côté, salué l’ouverture de l’enquête administrative, appelant à des conclusions rapides.
Dans un communiqué, Anne Le Strat a indiqué se tenir à la disposition des inspections saisies et déploré la diffusion « d’informations fausses » à son sujet. Elle a rappelé que ses fonctions relevaient d’un opérateur de l’État et qu’elle entendait les exercer « avec neutralité et impartialité ».
L’Office français de la biodiversité, créé en 2020, est chargé notamment de la protection de la biodiversité, de la gestion des espaces naturels et de missions de police de l’environnement. Anne Le Strat n’est pas à la tête de cette police, placée sous l’autorité d’un autre directeur général délégué.
L’enquête administrative devra déterminer si la procédure de recrutement a été conduite conformément aux règles en vigueur dans la fonction publique.
