France : La majoration des allocations familiales repoussée à 18 ans à partir de dimanche
- Le décalage de 14 à 18 ans doit générer 210 millions d’euros d’économies dès cette année et jusqu’à 1,2 milliard à terme, au prix d’un manque à gagner pour certaines familles
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La majoration des allocations familiales versée aux familles lorsque leurs enfants atteignent l’adolescence sera désormais déclenchée à 18 ans, contre 14 ans jusqu’ici, en application d’un décret publié samedi au Journal officiel. La mesure entre en vigueur le dimanche 1 mars.
Jusqu’à présent, les familles ayant deux enfants percevaient une majoration lorsque le plus jeune atteignait 14 ans. Pour les familles de trois enfants ou plus, cette augmentation était accordée pour chaque enfant franchissant cet âge, et ce jusqu’à ses 20 ans.
Désormais, la majoration, supplément versé en fonction de l’âge de l’enfant, ne s’appliquera qu’à partir des 18 ans de l’adolescent et jusqu’à ses 20 ans. Les familles dont l’enfant a eu 14 ans avant le 1er mars continueront toutefois de bénéficier du dispositif antérieur.
Le montant de cette majoration varie selon les ressources du ménage, de 18,88 euros à 75,53 euros par mois. Pour certaines familles, le manque à gagner pourra atteindre jusqu’à 900 euros par an et par enfant. Sur quatre ans, la perte cumulée pourra atteindre 3 600 euros pour les ménages les plus modestes.
Selon le gouvernement, ce décalage, annoncé dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, doit permettre de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès cette année, puis 1,2 milliard d’euros par an d’ici quatre ans.
Ces économies sont destinées à financer le nouveau congé de naissance, qui entrera en vigueur le 1er juillet. Ce congé, d’une durée de deux mois pour chaque parent, sera indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second. Son coût est estimé à 600 millions d’euros en année pleine.
Plusieurs associations familiales ont exprimé leurs critiques, invoquant un contexte marqué par des tensions sur le pouvoir d’achat et une baisse continue de la natalité. En 2025, 644 000 naissances ont été enregistrées en France, soit une baisse de 2,3 % par rapport à 2024 et de 24 % par rapport à 2010, selon les données officielles.
