Bilal Müftüoğlu
11 Mars 2016•Mise à jour: 11 Mars 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La Légion d'honneur, la plus haute distinction française, dont le prince saoudien Mohammed ben Nayef est devenu le dernier récipiendaire, aurait été attribuée au prince "à sa demande", selon une série d'échanges entre différents diplomates français.
La correspondance électronique entre les responsables de l'Elysée et du ministère des Affaires étrangères, révélée par la magazine "Causette" montre que la légion d'honneur a été attribuée comme un "geste" au prochain roi d'Arabie saoudite, pour aider ce pays à "renforcer sa stature internationale".
La magazine a ainsi révélé une série d'e-mails entre Bertnard Besancenot, ambassadeur de France en Arabie saoudite, David Cvach, conseiller de François Hollande pour le Moyen-Orient, Laurent Stefanini, chef du protocole de l’Élysée et Jérôme Bonnafont, directeur de la section Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d'Orsay.
L'initiative a été abordée par l'ambassadeur français avec mention "TTU" [très très urgent] qui estimait que le fait de décorer ben Nayef de la légion d'Honneur, permettrait de confirmer "la pérennité de [notre] partenariat stratégique à un moment sensible de la situation au Moyen Orient", de reconnaître le "rôle personnel éminent du prince dans la lutte contre le terrorisme, qui est une priorité nationale partagée" et de "conserver la dynamique de renforcement de [notre] coopération bilatérale pour conforter [nos] prospects civils et militaires".
Répondant au nom du Quai d'Orsay, Bonnafont estime que l'initiative ne pose aucun problème à condition qu'elle se fasse "discret vis a vis médias" [sic]. Le chef du protocole renchérit pour sa part annonçant l'accord de l'Elysée à la demande de l'ambassadeur français.
La mention "TTU" semble être bien respectée dès lors que le prince est fait grand officier de la Légion d'honneur le 4 mars, seulement deux jours après l'échange des mails.