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France : la flambée des prix du carburant asphyxie les automobilistes

Le prix de litre de gazole dépasse désormais les 2€ dans une grande partie dés stations-service du pays

Feiza Ben Mohamed  | 18.03.2026 - Mıse À Jour : 18.03.2026
France : la flambée des prix du carburant asphyxie les automobilistes

Provence-Alpes-Cote d Azur

AA / Nice / Feïza Ben Mohamed

Il est midi sur le boulevard du Mercantour à Nice ce mardi. La file d’attente devant la station TotalEnergies reste très clairsemée. Sur les panneaux lumineux, les chiffres donnent le vertige. Des prix qui, il y a encore un mois, auraient semblé relever de la fiction.

Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitent pas moins de 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole brut, la France, comme l’ensemble de l’Europe, se débat avec une crise énergétique d’une ampleur inquiétante.

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont mis le feu aux poudres et quelques jours seulement après le début de la guerre initiée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, le prix du baril s’est envolé, entraînant dans son sillage une hausse vertigineuse à la pompe. Des tarifs records sont désormais affichés à la pompe, surpassant largement les prix ayant déclenché la crise des gilets jaunes en 2018.

Sur le parvis de la station niçois, Karim B., 43 ans, chauffeur de taxi indépendant, contemple d’un air résigné le compteur qui s’emballe. Originaire du quartier de l’Ariane, il sillonne Nice et ses environs depuis quinze ans. Aujourd’hui, son métier est devenu un gouffre financier.

« Mes dépenses en carburant ont presque doublé en quelques semaines, et mes courses n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions. Les clients râlent et moi je suis pris en étau » explique le père de famille qui fait le plein malgré les prix exorbitants « de peur que ça n’augmente encore ».

À quelques mètres de là, Sophie M. 61 ans, retraitée de l’Éducation nationale, attend son tour avec une patience teintée d’amertume. Elle habite Cagnes-sur-Mer et n’a pas d’autre choix que de prendre sa voiture pour se rendre à ses rendez-vous médicaux réguliers.

« Ma pension ne va pas chercher loin. Quand le plein flambe comme ça, ça ne part pas de nulle part, ça part de mes courses, de mes médicaments, de mes petits plaisirs. On nous parle de sobriété énergétique mais personne ne nous explique comment faire quand les transports ne sont pas suffisamment accessibles » déplore la sexagénaire.

Elle sourit tristement en ajoutant qu’elle a commencé à noter sur un carnet le prix du litre chaque semaine « pour ne pas perdre la tête ».

Pour Thierry G., 38 ans, ouvrier dans le bâtiment, qui habite à Carros, les prix du carburant commencent à lourdement peser sur le budget mensuel.

« Je ne peux pas prendre le bus à 5h30 du matin avec mes outils. Je n’ai pas le choix, je prends ma voiture, mais là, ça commence à faire vraiment mal. Le carburant me coûte une part de salaire qui devient insupportable » assure Thierry qui a bien essayé de trouver un covoiturage, sans succès pour ses horaires atypiques.

Et ces témoignages sont recueillis alors qu’Emmanuel Macron a assuré mardi, que la France ne participera pas « dans le contexte actuel » aux opérations de sécurisation du détroit d’Ormuz, proposées par son homologue américain Donald Trump.

« Par contre, (..) une fois que le cœur des bombardements aura cessé, nous sommes prêts, avec d'autres nations, à prendre la responsabilité d'un système d'escorte » a-t-il néanmoins déclaré en préambule d’un conseil de défense organisé à l’Élysée.

Il répondait ainsi aux Etats-Unis qui pressent afin d’organiser une intervention permettant de débloquer le détroit d’Ormuz.

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