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France / Justice – Affaire des « barbouzeries » du PSG : Rachida Dati citée dans l’enquête

- Une enquête judiciaire aux multiples ramifications autour du PSG fait apparaître les relations passées de la ministre française de la Culture, Rachida Dati, avec deux lobbyistes, dont Tayeb Benabderrahmane, mis en examen pour plusieurs infractions

Ben Amed Azize Zougmore  | 12.01.2026 - Mıse À Jour : 12.01.2026
France / Justice – Affaire des « barbouzeries » du PSG : Rachida Dati citée dans l’enquête

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

L’« affaire des barbouzeries » autour du Paris Saint-Germain (PSG), vaste dossier judiciaire mêlant responsables politiques, lobbyistes et hauts fonctionnaires, met en lumière les relations de la ministre française de la Culture, Rachida Dati, avec deux lobbyistes, selon une enquête publiée par Le Monde.

À ce stade de la procédure, Mme Dati n’est pas poursuivie dans ce dossier précis et conteste l’ensemble des accusations la concernant.

Ce dossier tentaculaire concerne notamment l’entourage du président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, et implique Tayeb Benabderrahmane, lobbyiste franco-algérien aujourd’hui mis en examen pour plusieurs chefs, dont corruption, trafic d’influence, faux et usage de faux, ainsi qu’« aide au séjour irrégulier en bande organisée ».

Selon les éléments de l’enquête judiciaire consultés par le journal, Rachida Dati serait intervenue à plusieurs reprises, entre 2018 et 2021, pour soutenir des demandes de titres de séjour en faveur de proches et de relations de M. Benabderrahmane, dont un investisseur algérien.

Ces interventions ont été confirmées aux enquêteurs par le lobbyiste lui-même, ainsi que par plusieurs témoins. Parmi eux figure Thierry Coudert, inspecteur général de l’administration et ancien préfet, qui a indiqué avoir traité ces demandes dans le cadre de relations qu’il qualifie de « cordiales » avec Mme Dati, qu’il dit connaître depuis plus de vingt ans. Les enquêteurs relèvent par ailleurs la présence de documents administratifs falsifiés dans certains dossiers examinés, notamment des attestations d’hébergement et des justificatifs de domicile. Coudert affirme avoir ignoré à l’époque l’existence de telles falsifications.

Auditionnée également, l’assistante historique de Dati à la mairie du 7ᵉ arrondissement de Paris a reconnu être intervenue, en 2018, auprès du cabinet du préfet de police pour un dossier de titre de séjour, à la demande de l’élue. Les enquêteurs estiment que Benabderrahmane s’appuyait sur un réseau incluant un policier, lui aussi poursuivi dans ce volet de l’enquête.

Rachida Dati dément fermement toute implication. Par la voix de son avocat, elle affirme n’être « jamais intervenue, directement ou indirectement », pour l’obtention de titres de séjour au bénéfice de Benabderrahmane ou de ses relations, et assure ignorer tout usage de documents falsifiés. Elle n’est pas mise en cause pénalement dans ce volet à ce stade de l’instruction.

Parallèlement, une information judiciaire distincte a été ouverte afin de faire la lumière sur le rôle de Dati dans la libération de Tayeb Benabderrahmane, détenu plusieurs mois au Qatar en 2020. Dans ce cadre, la mairie du 7ᵉ arrondissement de Paris a été perquisitionnée en 2023. Lors d’une audition en 2022, le lobbyiste a formulé de graves accusations contre la ministre, affirmant, sans preuves rendues publiques, qu’elle aurait perçu des fonds en provenance du Qatar pour une campagne électorale municipale. Ces accusations sont catégoriquement rejetées par Dati, dont les comptes de campagne ont été validés par la Commission nationale de contrôle.

L’enquête mentionne également des échanges entre Dati et un second lobbyiste, Jean-Pierre Duthion, mis en examen dans d’autres procédures judiciaires. Celui-ci aurait été sollicité, selon plusieurs témoignages concordants recueillis par les enquêteurs, pour conseiller une stratégie de communication de crise face aux révélations médiatiques. Là encore, la ministre nie toute relation avec cet interlocuteur.

Candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati affirme être la cible de « calomnies » et menace de poursuites judiciaires pour diffamation. L’instruction se poursuit afin d’établir les responsabilités éventuelles des différentes personnes mises en cause dans ce dossier aux multiples ramifications.



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