France : Enquête pour homicide volontaire ouverte après la mort de Quentin Deranque, frappé par "au moins six individus"
- Sur une éventuelle implication de Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, Thierry Dran a déclaré : « Au moment où je vous parle, il n’y a pas d’interpellations »
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Une enquête criminelle pour « homicide volontaire » a été ouverte après la mort de Quentin Deranque, militant identitaire violemment agressé jeudi à Lyon en marge d’affrontements entre groupuscules radicalisés, a annoncé lundi le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran.
Lors d’un point presse, le magistrat a précisé qu’une information judiciaire avait été ouverte du chef d’« homicide volontaire ». Une enquête délictuelle distincte vise également des faits de « violences aggravées par trois circonstances réunion, dissimulation du visage et port d’arme ainsi que d’association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni de cinq ans d’emprisonnement ».
L’enquête a été confiée à la division criminelle territoriale. Selon le procureur, les enquêteurs ont procédé à « de très nombreuses investigations », notamment l’audition de plus d’une quinzaine de témoins et l’analyse d’images vidéo. Les constatations techniques se poursuivent.
Répondant aux questions, notamment sur une éventuelle implication de Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, Thierry Dran a déclaré : « Au moment où je vous parle, il n’y a pas d’interpellations. » « On est en phase d’identification », a-t-il précisé.
Alors que son nom est cité « par plusieurs témoins » dans l’enquête sur l’agression mortelle de Quentin Deranque, Jacques-Elie Favrot a vu ses droits d’accès à l’Assemblée nationale suspendus ce lundi « à titre conservatoire » par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.
« Sa présence dans l’enceinte de l’Assemblée nationale pourrait entraîner un trouble à l’ordre public », avait alors indiqué un communiqué de la présidence publié sur la plateforme sociale X.
D’après les premiers éléments de l’enquête, les faits se sont produits vers 18 heures. Des hommes venus en soutien au collectif Némésis auraient été « pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués et cagoulés ». Si la plupart ont réussi à s’enfuir, trois personnes se seraient retrouvées isolées et immédiatement frappées par plusieurs assaillants.
« Ces trois jeunes hommes, dont Quentin D., étaient alors jetés au sol puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six », a détaillé le procureur. Deux des victimes sont parvenues à prendre la fuite, tandis que Quentin D. est resté au sol avant que le groupe d’agresseurs ne se disperse.
Pris en charge par les secours, le jeune homme présentait « essentiellement des lésions à la tête », dont « un traumatisme crânio-encéphalique majeur », qualifié par le procureur d’« au-delà de toute ressource thérapeutique et mortel à brève échéance ».
Les violences sont survenues en marge d’une conférence organisée à l’Institut d’études politiques de Lyon par l’eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise). Un groupe de jeunes femmes du collectif Némésis organisait une action de protestation devant l’établissement, avec le soutien d’amis restés à l’écart. Selon le procureur, plusieurs individus auraient tenté d’arracher une banderole avant d’exercer des violences sur au moins deux des militantes, dont l’une aurait été étranglée et l’autre frappée au sol.
L’enquête devra désormais déterminer les responsabilités précises et les circonstances exactes de cette agression mortelle.
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