Monde

France / Dissuasion nucléaire : l’augmentation des têtes financée par une « surmarche » budgétaire, assure Vautrin

- La ministre des Armées confirme un financement via l’actualisation de la LPM, tandis que l’OTAN salue l’initiative de coopération européenne proposée par Emmanuel Macron

Serap Doğansoy  | 03.03.2026 - Mıse À Jour : 03.03.2026
France / Dissuasion nucléaire : l’augmentation des têtes financée par une « surmarche » budgétaire, assure Vautrin

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

L’augmentation du nombre de têtes nucléaires françaises annoncée lundi par Emmanuel Macron sera financée par le budget supplémentaire prévu dans le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), a affirmé ce mardi la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

« Dans la loi de programmation, nous avons ce qu’on appelle une surmarche, c’est-à-dire une augmentation de budget sur le sujet puisque le président de la République a souhaité que nous renouvelions des têtes », a déclaré la ministre sur France Inter.

La dissuasion nucléaire représente actuellement 13 % du budget de la défense, a-t-elle rappelé. Ce budget doit atteindre 57,1 milliards d’euros en 2026. Le gouvernement présentera au printemps un projet d’actualisation de la LPM ajoutant 36 milliards d’euros aux 413 milliards déjà programmés sur la période 2024-2030.

La ministre a souligné que, malgré la proposition présidentielle d’une « dissuasion avancée » associant huit pays européens, « la France est souveraine de bout en bout ». « Cela reste une décision totalement française, financée totalement par la France. C’est le fondement même de notre doctrine », a-t-elle insisté.

Lundi, Emmanuel Macron a proposé une coopération nucléaire inédite entre la France et huit partenaires européens, notamment avec le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark, tout en excluant « tout partage de la décision ultime » sur l’emploi de l’arme nucléaire. L’Allemagne a été présentée comme un « partenaire clé » et les deux pays ont annoncé la création d’un « groupe de pilotage nucléaire » conjoint.

La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a précisé sur TF1 que l’augmentation du nombre de têtes, actuellement estimé à 290, vise à « anticiper les évolutions futures » dans un contexte de « complexification des crises » et de possible coordination accrue des adversaires. Selon elle, il s’agit de garantir la crédibilité de la dissuasion, c’est-à-dire la capacité de la France à infliger des dommages jugés inacceptables afin de dissuader toute agression.

De son côté, un responsable de l’OTAN a indiqué que l’Alliance « salue » l’initiative française visant à renforcer la dissuasion et se félicite de la perspective d’élargir les consultations avec Paris sur les questions nucléaires, afin d’assurer une approche « cohérente et coordonnée ».

La France ne participe pas au Groupe des plans nucléaires de l’OTAN, créé en 1966, mais sa force de dissuasion est considérée comme complémentaire à celle de l’Alliance atlantique.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.