France : des cyberharceleurs condamnés pour des attaques racistes contre le député Aly Diouara
- « La haine en meute n’est pas une opinion : c’est un délit », réagit le député LFI après une décision qu’il juge « historique »
Istanbul
AA / Istanbul / Adama Bamba
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi six hommes pour cyberharcèlement raciste visant le député de La France insoumise Aly Diouara, reconnaissant le caractère raciste et islamophobe de la majorité des attaques proférées à son encontre sur la plateforme américaine X.
Dans un message publié sur X, l’élu de la 5ᵉ circonscription de la Seine-Saint-Denis (Bobigny, Drancy, Le Bourget) a salué une décision de justice qu’il estime déterminante. « La justice a été rendue. Six cyberharceleurs condamnés. (…) La haine en meute n’est pas une opinion : c’est un délit. Cette décision fait jurisprudence », a-t-il écrit.
Selon le quotidien français Libération, les prévenus ont été condamnés à des peines allant de l’amende avec sursis à quatre mois de prison avec sursis pour avoir participé à une campagne de cyberharcèlement à caractère raciste contre le député noir, également candidat aux élections municipales à La Courneuve.
Le tribunal a reconnu la culpabilité de cinq des six prévenus pour l’ensemble des faits reprochés, incluant la circonstance aggravante liée à l’origine, l’ethnie ou la race. Les juges ont qualifié les faits de « haine en meute » dirigée contre l’élu insoumis, tout en prononçant des peines inférieures aux réquisitions de prison ferme formulées par le parquet.
Parmi les condamnés figurent notamment des auteurs de messages contenant des insultes racistes explicites. Quatre d’entre eux ont écopé d’un mois d’emprisonnement avec sursis. Pour un sixième prévenu, poursuivi pour l’usage d’un terme jugé injurieux mais non directement raciste dans le contexte retenu par le tribunal, la circonstance aggravante n’a pas été retenue. Il a été condamné à 1 000 euros d’amende avec sursis, rapporte la même source.
En complément, le tribunal a prononcé à l’encontre des six condamnés une peine d’inéligibilité d’un an, assortie de l’exécution provisoire, ainsi que l’obligation d’effectuer, à leurs frais, un stage de citoyenneté ou de sensibilisation au respect dans l’espace numérique. Ils devront également verser solidairement 5 000 euros de dommages et intérêts à Aly Diouara pour préjudice moral.
En effet, un septième dossier a été disjoint et renvoyé à une audience ultérieure, prévue le 23 février.
Soulagé par cette décision, le député a néanmoins indiqué avoir restreint les commentaires sur ses publications en ligne, afin de se protéger de nouvelles vagues de harcèlement.
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