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23 Novembre 2022•Mise à jour: 23 Novembre 2022
AA/Paris/Fatih Karakaya
Des sociétés de journalistes, des associations de défense du droit à l’information et des collectifs de journalistes, ont dénoncé dans une tribune diffusée dans les médias français, l’ordonnance du tribunal judiciaire de Paris interdisant à Médiapart la publication de nouvelles informations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne.
En effet, ces sociétés de journalistes, associations de défense du droit à l’information, organisations et collectifs de journalistes, des grands médias français, dont Franceinfo, « dénoncent avec force la décision du tribunal judiciaire de Paris de faire injonction à Médiapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne, après celles du chantage à la sextape ».
Pour les signataires, il s’agit « d’une censure préalable, décidée sans débat contradictoire » et qui s’apparente à une « une grave et flagrante attaque contre la liberté de la presse ».
« Comment une telle décision a-t-elle pu être rendue, en dehors de toute contradiction, alors qu’il existe pourtant des procédures d’urgence, qui auraient permis à Médiapart de se défendre ? », se demandent d’ailleurs les journalistes.
Considérant que depuis la loi du 29 juillet 1881 qui a instauré en France le droit d’information et la liberté d’expression, jamais une telle procédure, « n’avait été utilisée pour censurer préalablement un média », les signataires rappellent que récemment « un industriel a aussi détourné le droit de la presse pour poursuivre un média devant les tribunaux de commerce ».
Pour ces journalistes, désormais « les hommes d’affaires multiplient les procédures bâillons » alors que « de nombreux journalistes se voient refuser l’accès à des données d’intérêt public au nom du ‘secret des affaires’ ».
En conséquence, « cet acte liberticide » inquiète les journalistes « sur la situation de la liberté de la presse en France ».
Interdiction de publication d’un article sans débat
Le 18 novembre dernier, un tribunal français a ordonné à Médiapart, média d’investigation en ligne, de ne pas publier une enquête sur Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié.
De même, Le 6 octobre dernier, un autre tribunal de commerce, cette fois, avait interdit le média Reflets.info de publier des nouvelles informations sur le groupe Altice.