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France / Budget : LFI annonce le dépôt d’une motion de censure après le recours au 49.3

- Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, a annoncé le dépôt d’une motion de censure après le recours du gouvernement à l’article 49.3 pour faire adopter le budget 2026

Şeyma Erkul Dayanç  | 20.01.2026 - Mıse À Jour : 20.01.2026
France / Budget : LFI annonce le dépôt d’une motion de censure après le recours au 49.3

Istanbul

AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc

La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé mardi que son groupe déposerait une motion de censure contre le gouvernement, après la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu d’engager la responsabilité de l’exécutif sur le budget de l’État pour 2026 via l’article 49.3 de la Constitution.

« L’utilisation du 49.3 est un échec du gouvernement Lecornu, donc évidemment, nous le censurerons », a déclaré Mathilde Panot lors d’un entretien accordé à la radio publique France Inter. Elle a dénoncé le choix d’un « gouvernement minoritaire » et accusé l’exécutif d’avoir renié son engagement pris en octobre de ne pas recourir à cette procédure.

Le Premier ministre a annoncé lundi qu’il engagerait mardi après-midi la responsabilité de son gouvernement sur la partie recettes du budget 2026, avant d’y recourir à nouveau pour le volet dépenses puis pour l’ensemble du texte. Sébastien Lecornu avait reconnu agir « avec regret et amertume », après l’échec des négociations parlementaires.

« Nous refusons de banaliser le recours au passage en force », a insisté Mathilde Panot, indiquant que LFI proposerait aux groupes communiste et écologiste de cosigner la motion de censure. « Il n’y aura pas un 49.3, mais trois 49.3 qui vont être activés », a-t-elle déploré, estimant que cette méthode portait atteinte à « la dignité du Parlement » et à « la dignité de la démocratie ».

La députée a également critiqué le contenu du projet de budget, qu’elle juge « dangereux pour le pays » et susceptible de plonger la France dans une « récession catastrophique ». Elle a mis en cause les choix fiscaux du gouvernement, notamment l’augmentation de la prime d’activité et la surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises, proposée par le Parti socialiste et acceptée par l’exécutif.

Selon Mathilde Panot, l’exclusion des entreprises de taille intermédiaire du dispositif et la réduction du nombre d’entreprises concernées par rapport à l’année précédente illustrent un budget qui « épargne encore davantage les grandes entreprises et les plus riches ». Elle a dénoncé une situation « inacceptable » où, selon des estimations défendues par certains économistes, dont Gabriel Zucman, « les ultrariches paient proportionnellement moins d’impôts que le reste des contribuables ».

De son côté, le gouvernement justifie le recours au 49.3 par l’impossibilité de faire adopter le budget par un vote, après le retrait des écologistes et des communistes des discussions et l’annonce du Parti socialiste qu’il ne voterait pas le texte. L’exécutif espère ainsi permettre la promulgation du budget avant la mi-février, malgré les motions de censure annoncées par LFI et le Rassemblement national.

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