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France : ArcelorMittal confirme 1,8 milliard d'euros pour la décarbonation, l'Élysée vante sa stratégie de souveraineté

- Ce nouvel équipement, d'une capacité de « l'ordre de 2 millions de tonnes d'acier décarboné par an », remplacera les hauts-fourneaux au charbon. Il permettra de générer « trois fois moins de CO2 que dans un haut fourneau, même ultra performant ».

Mariem Njeh  | 10.02.2026 - Mıse À Jour : 10.02.2026
France : ArcelorMittal confirme 1,8 milliard d'euros pour la décarbonation, l'Élysée vante sa stratégie de souveraineté

Istanbul

AA / Istanbul / Mariem Njeh

Le président français Emmanuel Macron a salué mardi les nouveaux investissements stratégiques d'ArcelorMittal à Dunkerque, y voyant la validation de sa politique économique axée sur la décarbonation et la souveraineté industrielle, face à une concurrence internationale jugée « déloyale terrible ».

« Merci pour ces annonces, ces confirmations et je suis heureux de me retrouver parmi vous », a déclaré le chef de l’État en ouverture de son allocution sur le site sidérurgique, s’adressant aux dirigeants du groupe, aux élus locaux et aux salariés.

Dans un discours aux accents offensifs, Emmanuel Macron a placé ces investissements sous le signe d’une triple bataille : « de la croissance et de l'emploi, de la décarbonation pour notre climat et de la souveraineté européenne ».

« Ce que vous faites chaque jour, c'est très important pour nous Français, pour nous Européens. On a besoin d'une sidérurgie française et européenne [...] Si on veut produire des voitures, produire des infrastructures dans notre Europe, on a besoin de produire de l'acier européen et de l'acier plus décarboné », a-t-il souligné.

- Un investissement structurant de 1,8 milliard d'euros

Ces déclarations font suite à la confirmation officielle, quelques minutes plus tôt, par Reinhard Blaschek, CEO d'ArcelorMittal Produits plats en Europe, d'un plan d'investissement massif totalisant 1,8 milliard d'euros pour le site nordiste.

Blaschek a détaillé la construction d'un four à arc électrique (EAF), un projet de 1,3 milliard d'euros qualifié d'« étape majeure pour la décarbonation ».

« Sa construction va se déployer sur plusieurs années et nous prévoyons un démarrage en 2029 », a précisé le dirigeant industriel.

Ce nouvel équipement, d'une capacité de « l'ordre de 2 millions de tonnes d'acier décarboné par an », remplacera les hauts-fourneaux au charbon. Il sera alimenté « jusqu'à 60% par de l'acier recyclé et fonctionnera à l'électricité de bas carbone que nous fournit EDF », permettant de générer « trois fois moins de CO2 que dans un haut fourneau, même ultra performant ».

En parallèle, le groupe lance la production d'aciers électriques sur le site de Mardyck (commune associée à Dunkerque). « Cette nouvelle ligne d'acier électrique représente un investissement de plus de 500 millions d'euros », a ajouté Blaschek, soulignant qu'il s'agissait jusqu'alors du « plus gros investissement d'ArcelorMittal en Europe sur ces dix dernières années ».

- De la « panade terrible » à la sécurisation énergétique

Le président de la République est revenu longuement sur le contexte de crise traversé par la sidérurgie européenne depuis deux ans, citant la flambée des prix de l'énergie post-Covid et la guerre en Ukraine. « On était dans une panade terrible », a reconnu Macron, évoquant le risque de désindustrialisation et les suppressions d'emplois chez les voisins allemands.

Pour sécuriser l'avenir du site, l'État a misé sur la compétitivité énergétique via la renationalisation d'EDF et la mise en place de contrats de long terme. « Votre groupe [...] a signé un contrat [...] très longue durée qu'on réserve aux électro-intensifs sur 18 ans », a rappelé le président, faisant référence aux Contrats d'Allocation de Production Nucléaire (CAPN).

- Protectionnisme européen et « clause de sauvegarde »

Sur le plan commercial, tant le CEO d'ArcelorMittal que le président français ont insisté sur la nécessité de protéger le marché européen face au dumping, notamment chinois.

Reinhard Blaschek a conditionné la pérennité de ces efforts à la mise en œuvre rapide des outils législatifs européens : « la limitation des importations d'acier » et le « mécanisme d'ajustement carbone aux frontières » (MACF) pour éviter le contournement des règles.

Emmanuel Macron a confirmé le durcissement de la politique commerciale de l'UE. « Si il y a plus que 13% du volume européen qui est importé, on vous remet 50% de tarifs », a-t-il expliqué concernant les clauses de sauvegarde, tout en défendant le principe du MACF : « Vous voulez importer de l'acier chez nous ? Il faut qu'il soit aussi décarboné que le nôtre. Sinon, on vous met une taxe. »

Le chef de l’État a conclu en inscrivant ces annonces dans la dynamique de réindustrialisation régionale, citant les futures "gigafactories de batteries" voisines (ProLogium, Verkor, Envision), ainsi que la proximité de la centrale nucléaire de Gravelines, où sont prévus deux nouveaux réacteurs EPR.

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