France : après la polémique, Macron veut « regarder sans tabou » les usages des jeux vidéo chez les mineurs
- Le président français assure qu’il ne s’agit pas d’interdire les jeux vidéo, mais d’« ouvrir un débat sérieux, informé et apaisé » sur leurs effets physiques et psychiques sur les plus jeunes
Istanbul
AA / Istanbul / Adama Bamba
Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé samedi sa volonté de lancer une étude scientifique sur les effets physiques et psychiques de certains usages des jeux vidéo chez les enfants et les adolescents, à la suite d’une polémique suscitée par ses déclarations récentes.
Dans un long message publié sur le réseau social américain X, le chef de l’État a tenu à clarifier sa position face aux critiques venues notamment de la communauté des joueurs. « J’ai (encore) fait bondir les gamers… J’ai vu beaucoup d’incompréhensions. Alors je vais être clair », a-t-il écrit, rappelant son soutien constant à l’industrie du jeu vidéo et à la pop culture en France.
Emmanuel Macron a souligné avoir mis à l’honneur l’esport français à l’Élysée et soutenu la structuration de la filière, citant notamment les équipes françaises engagées dans les compétitions internationales. Il a également salué les « pépites françaises » du secteur, estimant que le pays pouvait « en être très fier ».
Toutefois, le président a insisté sur la nécessité de poser « une question simple, sans caricature » : quels sont les effets de certains contenus et usages sur les plus jeunes. Il a évoqué les inquiétudes exprimées par de nombreux parents, pointant le temps excessif passé par certains enfants à jouer, parfois jour et nuit, ainsi que l’accès de mineurs à des jeux classés PEGI 18.
« Il y a là un sujet majeur de santé publique, d’éducation et de responsabilité », a-t-il affirmé, évoquant des risques pour la santé physique, notamment la vue, mais aussi pour la santé mentale, lorsque certains jeunes s’isolent durablement à cause d’un usage abusif.
Emmanuel Macron est revenu sur ses propos tenus jeudi lors d’un entretien avec le média Brut, en réaction à une vidéo d’enseignante dénonçant des enfants jouant très jeunes à des jeux comme Fortnite. Il avait alors évoqué un possible lien entre exposition à la violence et comportements violents, déclenchant une vive controverse.
En réponse, le Syndicat national du jeu vidéo (Syndicat national du jeu vidéo) a dénoncé des « raccourcis » et une « méconnaissance » de l’industrie dans un communiqué publié vendredi.
Le président français a assuré que l’étude annoncée ne visait pas à interdire les jeux vidéo, mais à lancer un travail « scientifique, collégial », associant chercheurs, scientifiques et cliniciens, afin d’« évaluer les impacts, démêler les idées reçues et éclairer le débat public ».
À l’issue de ces travaux, Emmanuel Macron souhaite que le rapport permette de déterminer s’il existe un consensus scientifique sur les effets nocifs de certains contenus et, le cas échéant, d’indiquer « ce qu’il faut faire » pour mieux guider les parents. La question d’une éventuelle interdiction ou limitation, à l’image des réflexions en cours sur l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, reste pour l’heure ouverte.
« C’est trop tôt pour le dire », a répété le chef de l’État, donnant rendez-vous « en mai ou juin » pour la présentation des conclusions, tout en appelant à un débat citoyen « sérieux et apaisé ».
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