Fatma Bendhaou
28 Novembre 2020•Mise à jour: 28 Novembre 2020
AA/ Tunis
L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International continue sa mobilisation contre le tour de vis sécuritaire en France concrétisé notamment par la loi « sécurité globale ».
Sous les hashtags « Violences policières » et « Stop loi sécurité globale", Amnesty France a publié, samedi, sur son compte twitter, la photo d’un policier français assénant un coup de pied à une femme lors d’une manifestation, caricaturant la scène pour lui donner les allures d’une séance d’essayage dans un magasin de chaussures.
La photo est accompagnée d’une légende non moins satirique : Arrêtez de voir des violences policières partout, sinon on vous arrête.
La loi « sécurité globale », texte controversé porté par le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a été adoptée par l’Assemblée nationale le mardi 24 novembre dernier et devrait atterrir au Sénat en janvier 2021.
L’article 24 de la loi, qui génère les plus vives crispations, prévoit une sanction allant jusqu’à un an de prison et 45 mille euros d’amende pour la diffusion de « l'image du visage ou tout autre élément d'identification » d'un policier ou gendarme « dans le but manifeste qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ».
Bien avant l’adoption de ce texte, Amnesty avait maintenu la pression sur les réseaux sociaux et sur son site web pour dénoncer l'aspect liberticide d'une telle loi, appelant les Français à interpeller les députés sur Twitter et par email pour se faire entendre et protéger leurs droits fondamentaux.
« Si une telle loi entrait en vigueur en l’état, elle constituerait une grave atteinte au droit à l’information, au respect de la vie privée, et à la liberté de réunion pacifique, trois conditions pourtant essentielles au droit à la liberté d’expression », avait alors indiqué Amnesty sur son site.