France: Amélie de Montchalin confirmée « sans surprise » à la tête de la Cour des comptes
- Alors que l’opposition s’insurge de la nomination de l'actuelle ministre des Comptes publics, le gouvernement défend « l’indépendance de l’institution »
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Amélie de Montchalin a été nommée, sans surprise, Première présidente de la Cour des comptes, en remplacement de Pierre Moscovici, parti le 31 décembre, a annoncé ce mercredi la porte-parole du gouvernement français, Maud Brégeon, à l’issue du conseil des ministres.
La nomination de l'actuelle ministre des Comptes publics, voulue par le président Emmanuel Macron, suscite de vives critiques de l’opposition, qui dénonce un manque d’impartialité et y voit un risque pour l’indépendance de la haute juridiction financière.
Âgée de 40 ans, l’ancienne économiste, fidèle à La République en marche, a travaillé chez Axa avant de cumuler plusieurs portefeuilles ministériels, notamment aux Affaires européennes sous Édouard Philippe et à la Fonction publique sous Jean Castex, avant d’être nommée aux Comptes publics par François Bayrou et confirmée par Sébastien Lecornu.
Les partis de gauche et de droite y voient du favoritisme. Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a appelé Emmanuel Macron « à abandonner cette nomination ». Selon elle, « une telle décision serait une énième preuve de la dérive illibérale d’un régime prêt à toutes les transgressions éthiques pour placer ses fidèles et perturber la future alternance démocratique ». Elle accuse également Emmanuel Macron d’avoir « ruiné les comptes publics » et s’interroge sur la capacité de Mme de Montchalin à exercer l’indépendance nécessaire à la Cour.
Mardi, dans l’hémicycle, Éric Coquerel, député LFI et président de la commission des Finances, a dénoncé un « cadenassage » de la Cour avant 2027, soulignant que « jamais une personne ayant été ministre des Comptes publics six mois plus tôt n’a rendu un avis sur le budget qu’elle a elle-même préparé ».
Face aux critiques, l’exécutif a rejeté tout conflit d’intérêts, rappelant que « ce n’est pas la première fois qu’un ministre en exercice est nommé à la Cour des comptes », citant, de manière contestée, l’exemple de Pierre Joxe nommé par François Mitterrand lorsqu’il était ministre de la Défense.
Maud Brégeon a insisté sur le fait que « le fonctionnement de la Cour des comptes est indépendant », défendant la nomination d’Amélie de Montchalin.
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