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France : 18 ans de prison requis contre Tariq Ramadan, sa défense pointe « des réquisitions iniques »

- L’islamologue est jugé depuis le 2 mars sans avoir pu se présenter à son procès, qui s’est ouvert alors qu’il était hospitalisé

Feiza Ben Mohamed  | 24.03.2026 - Mıse À Jour : 24.03.2026
France : 18 ans de prison requis contre Tariq Ramadan, sa défense pointe « des réquisitions iniques »

Provence-Alpes-Cote d Azur

AA / Nice / Feïza Ben Mohamed

Le parquet a requis, mardi, une peine de 18 ans de prison ferme contre l’islamologue Tariq Ramadan, jugé pour viols, a appris Anadolu auprès de son avocat, Me Ouadie Elhamamouchi.

Il s’agit d’une peine particulièrement lourde sollicitée par le ministère public, alors que l’accusé, jugé à huis clos à la demande d’une plaignante, n’a pas pu se présenter à son propre procès pour des raisons de santé.

Atteint d’une sclérose en plaques, Tariq Ramadan avait sollicité le report de son procès sans succès, après qu’une expertise médicale l’a déclaré apte à se déplacer jusqu’à Paris, malgré une hospitalisation débutée le 27 février en Suisse et un état de santé jugé fragile par ses médecins.

Sa défense dénonce des « réquisitions iniques et totalement déconnectées », prononcées selon elle dans un contexte marqué par l’absence de l’accusé et de ses avocats, qui avaient quitté les bancs de la défense pour protester contre la tenue du procès en son absence.

« L’accusation, au début du procès, avait insulté Tariq Ramadan de lâche, alors que ce dernier sollicitait un report de quelques semaines car hospitalisé. Alors qu’il vient tout juste d’être à nouveau hospitalisé, voilà que des réquisitions iniques et totalement déconnectées, encouragées certainement par l’absence de défense de Tariq Ramadan, viennent d’être prononcées », a déclaré Me Elhamamouchi.

L’avocat estime à cet effet que « le monde entier aura vu l’acharnement sur la personne de Tariq Ramadan ».

« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Jamais cet adage n’aura été aussi vrai en matière de justice », a-t-il ajouté.

Selon la défense, Tariq Ramadan, hospitalisé en unité psychiatrique depuis le 18 mars, souhaitait simplement obtenir un report de son procès afin de pouvoir comparaître et se défendre dans des conditions médicales adaptées.

Depuis l’ouverture du procès début mars, ses avocats soutiennent que le droit fondamental de l’accusé à être présent à son propre procès n’a pas été respecté, malgré la transmission d’éléments médicaux justifiant son incapacité à comparaître.

Pour rappel, Tariq Ramadan est jugé devant la cour criminelle départementale de Paris pour des accusations de viols portées par trois femmes.

Le verdict est attendu mercredi.


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