Fin de la trêve hivernale en France : les expulsions locatives à un niveau record
- Avec plus de 30 000 ménages expulsés en 2025, associations et syndicats dénoncent un durcissement des politiques et une aggravation sociale
Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
La fin de la trêve hivernale marque ce mardi la reprise des expulsions locatives en France, dans un contexte de hausse continue et préoccupante du nombre de ménages contraints de quitter leur logement.
Selon la presse française, plus de 30 500 foyers ont été expulsés en 2025, soit une augmentation de 27 % en un an, un niveau inédit. Au total, 175 000 locataires ont reçu un commandement de payer, première étape d’une procédure pouvant mener à l’expulsion, tandis que les décisions judiciaires prononcées ont fortement progressé.
Les associations et syndicats alertent sur les conséquences sociales de cette dynamique. Dans un communiqué, la Confédération nationale du logement dénonce une situation « inacceptable », évoquant des milliers de vies bouleversées, entre précarité accrue, ruptures scolaires et absence de solutions de relogement durables.
Des acteurs du secteur pointent également un durcissement des pratiques judiciaires et administratives. Manuel Domergue, de la Fondation pour le logement des défavorisés, souligne une baisse des délais accordés aux locataires en difficulté et un recours plus fréquent à la force publique pour exécuter les expulsions. Il décrit une tolérance en recul, y compris pour les publics les plus fragiles.
Le gouvernement assume de son côté une ligne plus ferme. Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun défend la nécessité de « rétablir la confiance entre le propriétaire et le locataire » et de faciliter les procédures en cas d’impayés, estimant que certaines situations rendent aujourd’hui les expulsions « quasi impossibles et interminables ».
Cette orientation est vivement contestée par les associations, qui dénoncent un « tour de vis » contre les locataires. Elles pointent notamment les effets de la loi dite « anti-squat » de 2023, qui a durci les conditions permettant aux locataires de conserver leur bail et limité la marge d’appréciation des juges.
Au-delà du cadre légal, la hausse des expulsions s’inscrit dans un contexte de crise du logement et d’augmentation de la pauvreté. De plus en plus de ménages peinent à faire face à la hausse du coût de la vie, tandis que les solutions de relogement restent insuffisantes.
Cette tendance pourrait encore s’accentuer dans les mois à venir, alors que l’exécutif envisage de nouvelles mesures pour sécuriser les propriétaires.
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