Entretien Macron-Pezeshkian: Paris juge "inadmissible" d'être ciblée, Téhéran refuse de "se soumettre aux intimidateurs"
- Le président français a exhorté l'Iran à mettre fin aux « attaques inacceptables »; le président iranien a affirmé que « l'Iran n'a pas commencé cette guerre atroce »
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh et Seyma Erkul Dayanc
Le président français Emmanuel Macron et son homologue iranien Masoud Pezeshkian se sont entretenus par téléphone dimanche, dans un contexte de vive escalade régionale. Le président iranien a publié lundi une déclaration sur X précisant sa position à l'issue de cet entretien.
Dans une publication sur le réseau social américain X, Pezeshkian a réaffirmé que « l'Iran n'a pas commencé cette guerre atroce », ajoutant que « se défendre contre une invasion est un droit naturel, dans lequel nous excellons ».
Le président iranien a exigé que « l'utilisation des bases américaines contre l'Iran dans la région, dans le but de perturber nos relations avec nos voisins, soit arrêtée ».
Pezeshkian a affirmé que « la paix et la stabilité dans la région ne peuvent être atteintes en faisant body_abstraction de l'invasion sioniste-américaine » contre l'Iran, ajoutant que « parler de mettre fin à la guerre n'a aucun sens, tant que nous n'aurons pas la garantie qu'il n'y aura plus d'attaques sur notre territoire à l'avenir ».
« La République islamique d'Iran ne se soumettra pas aux intimidateurs », a affirmé Pezeshkian, appelant la communauté internationale à « condamner cette invasion et à convaincre les envahisseurs de respecter le droit international », estimant que « commencer une guerre pour conquérir, sur la base de fausses informations, est un acte médiéval au XXIe siècle ».
Macron déclare que c'est « inadmissible » que la France soit ciblée
Lors de l'entretien téléphonique de dimanche, Macron a affirmé à Pezeshkian qu'il était « inadmissible » que la France soit ciblée dans le cadre de la guerre en cours, rappelant que la France « intervient dans un cadre strictement défensif de protection de ses intérêts, de ses partenaires régionaux et en faveur de la liberté de navigation ».
« Je viens de m'entretenir avec le Président iranien Masoud Pezeshkian. Je l'ai appelé à mettre fin immédiatement aux attaques inacceptables que l'Iran mène contre les pays de la région, qu'elles soient directes ou via des proxies, comme au Liban et en Irak », a écrit Macron sur la plateforme X.
Le président français a également insisté sur le rétablissement « au plus vite » de la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, soulignant que « seul un nouveau cadre politique et sécuritaire permettra d'assurer la paix et la sécurité pour tous ».
Macron a également exhorté Pezeshkian à « permettre au plus vite à Cécile Kohler et Jacques Paris de rentrer en France en sécurité ». Les deux présidents ont par ailleurs échangé sur des questions consulaires, dont la situation des ressortissants des deux pays en détention.
Israël et les États-Unis ont lancé une offensive militaire contre l'Iran le 28 février, alors que des négociations étaient en cours entre Téhéran et Washington. L'Iran a riposté en frappant des cibles identifiées dans plusieurs pays de la région, notamment au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, où sont stationnées des bases américaines, ainsi qu'en Israël. Selon des responsables iraniens, les frappes américano-israéliennes ont fait plus de 1 348 morts et plus de 17 000 blessés.
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