En Belgique, des entreprises de sécurité privées déployées dans les prisons en raison d'un manque de personnel
- À l'échelle nationale, 644 détenus et condamnés dorment à même le sol en raison du manque de lits, selon les données disponibles
AA / Istanbul / Ibrahim Hamdi Hacicaferoglu
La ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, a annoncé que des entreprises de sécurité privées ont été déployées dans les prisons en raison d'un manque de personnel.
S'exprimant sur la chaîne de télévision publique flamande VRT, Verlinden a indiqué qu'il était nécessaire de disposer d'un personnel suffisant dans les prisons, précisant qu'elle avait conclu des accords avec des entreprises de sécurité privées pour « une durée et des missions limitées ».
Verlinden a précisé que les « missions limitées » que les entreprises de sécurité privées accompliront concernent des tâches ne nécessitant pas de contact direct avec les détenus.
Indiquant qu'une campagne de recrutement intensive est menée pour la nouvelle prison ouverte à Anvers, mais que cela n'est pas facile en raison des conditions du marché du travail, Verlinden a précisé que parmi les missions confiées aux entreprises de sécurité privées figurent des tâches telles que l'admission de nouveaux détenus dans les prisons.
- Le syndicat du secteur public retire son soutien à Verlinden
Robby De Kaey, représentant du syndicat ACOD, qui représente les travailleurs et fonctionnaires du secteur public en Belgique, a indiqué que Verlinden avait pris cette décision sans consulter le syndicat, qualifiant cela d'« inacceptable » et annonçant qu'ils retiraient leur soutien à la ministre de la Justice.
De Kaey a précisé qu'en vertu de cet accord, environ 30 postes dans la nouvelle prison d'Anvers seraient pourvus par des entreprises de sécurité privées, ce qui représente un investissement d'environ 11 millions d'euros.
- Les problèmes dans les prisons belges
La surpopulation carcérale, le manque de personnel, les problèmes d'hygiène et l'augmentation des actes de violence dans les prisons belges font l'objet de débats publics depuis longtemps.
En 2023, un détenu en Belgique avait mis le feu à sa cellule en raison des mauvaises conditions de détention, et les agents pénitentiaires s'étaient mis en grève.
Le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe avait indiqué dans son rapport que les prisons belges souffrent de problèmes persistants tels que la surpopulation, des services de santé et d'hygiène insuffisants et des violences entre détenus.
Selon les dernières données, le nombre de détenus contraints de dormir à même le sol dans la prison de Haren à Bruxelles, le plus grand complexe pénitentiaire de Belgique, a atteint un niveau record de 141 personnes.
À l'échelle nationale, 644 détenus et condamnés dorment à même le sol en raison du manque de lits, selon les données disponibles.
Les autorités indiquent qu'une augmentation significative du nombre de détenus à Bruxelles est observée depuis décembre 2025 en particulier, sans que la capacité pénitentiaire ait pu être augmentée au même rythme
* Traduit du turc par Mariem Njeh
