Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
Le président français Emmanuel Macron a averti que les tensions commerciales avec les États-Unis sont appelées à durer, appelant l’Union européenne (UE) à renforcer sa souveraineté économique, industrielle et financière face à la concurrence mondiale.
Dans un entretien accordé lundi à plusieurs médias européens, Emmanuel Macron a estimé que les menaces commerciales américaines ne devaient pas être sous-estimées.
« Il y a les menaces et les intimidations. Et puis, d’un seul coup, Washington recule. Et on pense que c’est fini. Mais n’y croyez pas une seule seconde », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a plaidé pour une réponse européenne coordonnée afin de protéger l’industrie du continent, défendant le principe d’une « préférence européenne » dans certains secteurs stratégiques, notamment les technologies propres, la chimie, l’acier, l’automobile et la défense.
« Il ne s’agit pas d’être protectionniste, mais d’être cohérent, c’est-à-dire de ne pas imposer à nos producteurs des règles qu’on n’impose pas aux importateurs non européens », a-t-il ajouté.
L'Europe face à la concurrence américaine et chinoise
Emmanuel Macron a souligné que l’UE est confrontée à une double pression économique, entre la politique commerciale américaine et la montée en puissance industrielle chinoise.
Il a estimé que l’Europe risque d’être dépassée dans des secteurs clés si elle n’accélère pas ses investissements dans la transition écologique, le numérique, l’intelligence artificielle et la défense.
Le président français a évalué les besoins d’investissements publics et privés de l’Union européenne à environ 1 200 milliards d’euros par an.
Appel à un endettement commun européen
Dans ce contexte, Emmanuel Macron a relancé l’idée d’un endettement commun au niveau européen pour financer les investissements stratégiques.
« C’est le moment de lancer une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir », a-t-il déclaré.
Cette proposition, défendue de longue date par la France, se heurte à la réticence de certains États membres, notamment l’Allemagne.
Défense européenne et coopération industrielle
Le président français a également abordé la question de la défense européenne, évoquant le projet de système de combat aérien du futur (SCAF). Il a estimé qu’il s’agit « d’un bon projet » et que « les choses doivent avancer », malgré les tensions entre industriels français et allemands.
Lancé en 2017, ce programme de coopération militaire entre la France, l’Allemagne et l’Espagne vise à remplacer les avions de combat Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040.
Les déclarations d’Emmanuel Macron interviennent à quelques jours d’une réunion des dirigeants européens prévue jeudi à Bruxelles, consacrée à la compétitivité et à l’industrie.
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