Drone près du Charles-de-Gaulle : Stockholm confirme son origine russe
- Neutralisé à environ 10 kilomètres du porte-avions français en escale à Malmö, l’appareil a été détecté alors qu’un navire de renseignement russe transitait dans les eaux suédoises
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le drone neutralisé mercredi à proximité du porte-avions français Charles-de-Gaulle, en escale à Malmö (sud de la Suède), est d’origine russe, ont confirmé ce vendredi les forces armées suédoises à l’issue d’une enquête technique.
Selon l’armée suédoise, le bâtiment de renseignement russe Zhigulevsk naviguait dans les eaux territoriales suédoises au moment des faits. Le navire suédois HMS Rapp, déployé pour protéger et surveiller le groupe aéronaval français, s’est alors approché du bâtiment russe afin de superviser son transit dans le détroit d’Öresund, bras de mer stratégique reliant la mer Baltique à la mer du Nord.
C’est à cette occasion que les systèmes embarqués du navire suédois ont détecté une activité de drone à proximité. Des contre-mesures électroniques ont été activées pour brouiller l’appareil, qui a été neutralisé à environ 13 kilomètres du porte-avions, a précisé l’armée.
Le Charles-de-Gaulle, navire amiral de la Marine nationale française, est arrivé à Malmö pour une escale avant de participer à plusieurs exercices organisés dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan).
Côté russe, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a déclaré lors d’un briefing qu’il ne disposait pas d’informations détaillées sur l’incident impliquant un drone près de Malmö, en Suède, mais qu’il jugeait « absurdes » les affirmations évoquant une implication russe.
« Si la formulation que vous rapportez [des médias au sujet d’une trace russe] est exacte, à savoir que, puisqu’un navire russe se trouvait à proximité, le drone serait donc russe, alors c’est une déclaration assez absurde », a-t-il affirmé, précisant qu’il ne connaissait pas les détails.
À Paris, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré que l’appareil « n’aurait jamais pu représenter une menace réelle » pour le bâtiment. « Le drone a été neutralisé loin du porte-avions Charles-de-Gaulle et en aucun cas la sécurité du porte-avions et de son groupe n’a été menacée », a-t-il déclaré, évoquant l’hypothèse d’une « provocation ridicule » si son origine russe était confirmée.
La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a pour sa part estimé que « l’on ne peut pas qualifier ce qui s’est passé d’incident », soulignant que le drone avait été « traité de manière très active » par les autorités suédoises. Elle a ajouté que « toutes les dispositions sont prises » à bord du porte-avions pour en assurer la protection.
Le mercredi 25 février, les forces armées françaises ont intercepté un drone à environ 10 kilomètres du port suédois de Malmö, où est basé le seul porte-avions en service de la Marine nationale française, le Charles-de-Gaulle.
Le détroit d’Öresund, zone maritime très fréquentée située entre la Suède et le Danemark, constitue un point de passage stratégique pour les trafics civils et militaires reliant la Baltique au reste de l’Europe du Nord.
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