Dominique de Villepin appelle l’Europe à défendre le droit international face à la « loi du plus fort »
- « Le droit international se fissure et n’est même plus défendu par les leaders démocrates européens. C’est un grand malheur pour nous tous, car nous en paierons le prix, à commencer par les populations civiles », a-t-il déclaré
Istanbul
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
L’ancien Premier ministre français, Dominique de Villepin, a lancé samedi un appel à l’Europe pour qu’elle défende le droit international et s’oppose à ce qu’il qualifie de « loi du plus fort » dans les relations internationales.
Dans une interview accordée au média en ligne Focus Infos, Dominique de Villepin s’est montré, comme à son habitude, critique de la politique américaine, estimant que « l’Amérique est une source de déstabilisation dans le monde ».
Pour l’ancien Premier ministre, les Européens doivent s’accrocher à « l’héritage historique de notre civilisation » en matière de droit international.
Face à l’affaiblissement du respect des règles internationales, l’ancien chef du gouvernement français a mis en garde contre les conséquences pour les populations civiles. « Le droit international se fissure et n’est même plus défendu par les leaders démocrates européens. C’est un grand malheur pour nous tous, car nous en paierons le prix, à commencer par les populations civiles », a-t-il déclaré.
Évoquant la situation en Iran, l’ancien chef du gouvernement a souligné que le pays est confronté à une « dictature persistante », à la guerre et au risque de désagrégation. Selon lui, le recours à la puissance seule, sans objectif politique ni action collective, conduit à une impuissance de la puissance et accroît les tensions internationales.
L’ancien Premier ministre a insisté sur l’importance d’un engagement européen en faveur du droit international, estimant qu’il constitue la base indispensable de toute vie collective. « Sauf à décider que demain, on pourra se tirer dessus librement à Bruxelles, à Paris et partout dans le monde, je ne crois pas que ce soit un avenir souhaitable pour nos sociétés », a-t-il averti, en référence aux positions récentes de Donald Trump.
Ces déclarations interviennent alors que le Moyen-Orient s'embrase sous le poids d'un conflit qui est à son seizième jour. Les tensions régionales ont fortement augmenté depuis que les États-Unis et Israël ont mené une attaque conjointe contre l’Iran le 28 février. Ces frappes ont fait au moins 1 300 morts en Iran, dont l’ancien Guide suprême Ali Khamenei.
Téhéran a riposté par des attaques de drones et de missiles ciblant Israël, la Jordanie, l’Irak et les pays du Golfe hébergeant des installations militaires américaines, provoquant des victimes et des dégâts sur les infrastructures tout en perturbant les marchés mondiaux et l’aviation.
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